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ILERI-Défense

Israël-Occident: La patience de l’UE est à bout

21 Novembre 2014 , Rédigé par ileridefense Publié dans #Proche-Orient- Moyen-Orient- Monde Arabe

Dessin de Bertram’s pour Courrier international.
Dessin de Bertram’s pour Courrier international.

Même l’Allemagne, qui jusque-là gardait un silence bienveillant à l’égard de l’Etat hébreu, a perdu toute confiance en Nétanyahou.

Le 30 octobre le nouveau gouvernement suédois reconnaissait l’Etat de Palestine, et peu après la Chambre des communes britannique et le Sénat irlandais appelaient leurs gouvernements respectifs à faire de même. A présent ce sont les socialistes au pouvoir en France qui ont l’intention de présenter une résolution en ce sens devant l’Assemblée générale des Nations unies, tandis que Federica Mogherini, la nouvelle représentante de la politique étrangère de l’UE, a récemment déclaré qu’elle souhaitait voir instaurer un Etat palestinien avant la fin de son mandat.

La patience européenne vis-à-vis de l’intransigeance israélienne envers les Palestiniens aurait-elle atteint un point de rupture ? La déception de l’UE devant la politique d’expansion des colonies israéliennes menée par Benyamin Nétanyahou et interdite par le droit international serait-elle sur le point d’inciter les Européens à faire passer en force la question de l’Etat palestinien ?

L’Europe a toujours eu avec Israël une relation plus compliquée que celle que ce dernier entretient avec Washington, parrain indispensable et inconditionnel de l’Etat juif. Si l’Europe a reconnu il y a près de quarante ans les droits des Palestiniens à avoir leur propre patrie, Israël a toujours eu tendance à prendre de haut l’UE, qu’elle considère comme une puissance politiquement négligeable dont plusieurs Etats membres, et pas seulement l’Allemagne avec le nazisme et l’Holocauste, ont à expier une longue tradition antisémite.

Pourtant Israël a mis beaucoup de temps à comprendre l’émergence, progressive mais profonde, d’un changement de sentiment de l’Europe à son égard, une évolution qui pourrait un jour remettre en cause sa légitimité. Ce changement reflète une hausse brutale de l’hostilité envers Israël en Europe occidentale, puisque des sondages pour la BBC montrent qu’entre deux tiers et trois quarts des personnes interrogées au Royaume-Uni, en Espagne, en Allemagne, en France et en Italie ont une vision négative de la politique israélienne.

Plus significatif encore, quatorze pays dont la France, soit la moitié de l’UE, ont approuvé la proposition d’admettre la Palestine en tant qu’observateur aux Nations unies en décembre 2012. Le gouvernement Nétanyahou, tout en qualifiant ce vote de non-événement, a remué ciel et terre pour peser sur l’issue du scrutin et été extrêmement contrarié de voir l’Allemagne s’abstenir.

Cela fait longtemps que la chancelière Angela Merkel a perdu toute confiance en Nétanyahou. Mais les diplomates allemands disent que Berlin en est arrivé à la conclusion que ni la coalition actuellement au pouvoir en Israël ni aucune future coalition n’a ni n’aura la volonté ou la capacité de restreindre l’occupation israélienne à l’intérieur de frontières qui rendraient viable un Etat palestinien. Et si les gouvernements israéliens successifs ont toujours estimé que les principales colonies seraient permanentes, le fait que Nétanyahou relance les projets d’extension des colonies à l’est et au sud de Jérusalem rend impossible la constitution d’un Etat palestinien viable.

Sans l’accord de l’Allemagne, l’UE n’aurait sans doute pas adopté l’année dernière les mesures interdisant le versement de subventions européennes à des entités israéliennes opérant dans des colonies illégales. Pourtant l’UE a maintenu la participation d’Israël à son programme Horizon 2020. C’est le seul Etat non membre de l’UE participant à ce programme de recherche et développement d’un montant de 80 milliards d’euros, et qui permet aux jeunes loups israéliens du high-tech de recevoir de l’argent public européen.

source: C.I. (20 nov, à partir d'un article du FT)

relayé par B. Longère

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