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ILERI-Défense

Nucléaire iranien: le grand jeu continue à Vienne, sans issue en vue

8 Juillet 2015 , Rédigé par ileridefense Publié dans #Amérique du Nord, #Proche-Orient- Moyen-Orient- Monde Arabe, #Europe, #Russie-CEI, #France, #Asie

Les ministres des Affaires étrangères des grandes puissances à la table de négociations à Vienne le 6 juillet 2015 pour résoudre le dossier nucléaire iranien. (Department of State)

Les ministres des Affaires étrangères des grandes puissances à la table de négociations à Vienne le 6 juillet 2015 pour résoudre le dossier nucléaire iranien. (Department of State)

Le 08/07/15

Le grand jeu diplomatique autour du nucléaire iranien se poursuit à Vienne, sans aucune visibilité sur l’issue de cette négociation hors norme, qui était censée se conclure mardi mais pourrait se prolonger encore, faute de compromis sur des points décisifs.

« C’est le grand inconnu », résume une source occidentale interrogée sur les perspectives d’un accord.

Les négociations, suspendues mardi au petit matin, ont repris avec une nouvelle réunion des chefs de la diplomatie du P5+1 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Russie, Chine, France et Allemagne), qui devait être suivie d’une plénière avec l’Iranien Mohammad Javad Zarif.

Mais après onze jours de négociations acharnées dans la capitale autrichienne, les tractations butent toujours sur des questions « décisives », et la possibilité d’un « échec » ne peut être exclue, a confié une source diplomatique allemande.

Pour conjurer un tel scénario, qui ruinerait près de deux ans d’efforts destinés à apurer un contentieux qui empoisonne les relations internationales depuis plus de douze ans, la Maison Blanche, tout comme l’Iran, n’ont pas exclu lundi une nouvelle prolongation des négociations.

« Je dirais que c’est tout à fait possible », a déclaré Josh Earnest, porte-parole du président américain Barack Obama, interrogé sur un possible « glissement » du calendrier par rapport à cette échéance.

Initialement fixée au 30 juin, la date-butoir avait été repoussée d’un commun accord entre les parties au mardi 7 juillet.

L’accord recherché vise à s’assurer que le programme nucléaire de Téhéran ne peut avoir de débouchés militaires, en échange d’une levée des sanctions internationales qui étouffent l’économie du pays depuis des années.

La République islamique a toujours nié avoir poursuivi ou poursuivre des objectifs nucléaires militaires. Mais Téhéran revendique son droit à exploiter une filière nucléaire civile complète, y compris l’enrichissement d’uranium.

‘Nous n’y sommes pas encore’

L’Iran, comme les grandes puissances, ont exprimé leur volonté d’aboutir, tout en refusant de souscrire à un « mauvais accord ».

« Nous n’y sommes pas encore. Nous ne devrions pas sous-estimer le fait que d’importantes questions ne sont pas réglées. S’il n’y a pas de mouvement concernant ces questions décisives, un échec ne peut être exclu », a déclaré la source allemande.

Les négociations butent sur les mêmes points clés depuis des mois, essentiellement la question des sanctions. Téhéran veut une levée substantielle et rapide des sanctions, notamment celles du Conseil de sécurité de l’ONU prises à partir de 2006.

Le P5+1 insiste, lui, sur un processus progressif et réversible au cas où Téhéran ne tiendrait pas ses engagements.

Lundi, un responsable iranien a demandé que l’embargo sur les armes, une des sanctions de l’ONU adoptée en 2010, ne soit pas maintenu après la conclusion d’un accord.

Inacceptable pour les Occidentaux, compte tenu du contexte régional, d’autoriser l’Iran à exporter ou importer des armes dans le cadre d’un accord sur le nucléaire.

Les puissances régionales -Israël et les monarchies sunnites- sont vent debout contre un compromis avec l’Iran et dénoncent l’influence de la République islamique sur tous les terrains de conflits régionaux: Irak, Syrie, Liban, Yémen.

Un autre point de blocage concerne la PMD, la possible dimension militaire du programme nucléaire iranien.

La communauté internationale réclame des éclaircissements sur les recherches passées de l’Iran, qui est soupçonné d’avoir mené un programme clandestin au moins jusqu’en 2003. L’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA), agence onusienne, veut avoir accès aux sites, documents et scientifiques soupçonnés d’être impliqués dans ces recherches.

Téhéran, qui a toujours démenti avoir voulu se constituer un arsenal nucléaire militaire, a affirmé mardi que l’Iran et l’AIEA avaient fait « un grand pas » sur ce dossier, au lendemain de la visite d’une délégation de l’agence atomique.

Mais « il ne suffit pas de dire que tout s’est merveilleusement bien passé. Il nous faut des propositions concrètes, opérationnelles, pour régler ce dossier », grince une source occidentale.

Les sanctions de l’ONU sur le commerce des armes et les missiles seront maintenues, affirment les États-Unis

Les restrictions imposées par le Conseil de sécurité des Nations unie sur les ventes d’armes et les missiles seront maintenues dans le cas d’un accord sur le programme nucléaire iranien, a affirmé mardi un officiel américain, opposant une fin de non recevoir à des demandes iraniennes.

« Les restrictions sur les armes et les missiles seront maintenues dans le cadre d’un possible accord », a déclaré cette source, alors que le sujet est revenu sur la table comme un des grands points de crispation de la négociation en cours sur le nucléaire iranien à Vienne.

Plus tôt dans la journée, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov avait indiqué que la question de l’embargo sur les armes à l’Iran était un problème majeur dans les discussions, ce qui avait été confirmé de source iranienne.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté en 2010 une résolution interdisant la vente à l’Iran d’armes précisément listées (telles que chars de combat, systèmes d’artillerie de gros calibre, avions de combat, hélicoptères d’attaque, navires de guerre, missiles et lanceurs de missiles…)

La même résolution stipule que l’Iran ne doit mener aucune activité liée aux missiles balistiques pouvant emporter des armes nucléaires et interdit le transfert de technologie ou la fourniture d’une aide technique à l’Iran dans ce secteur.

L’accord en négociation à Vienne entre l’Iran et les grandes puissances prévoit la levée des sanctions contre Téhéran si celui-ci se plie à ses engagements sur le nucléaire.

Depuis 2006, le Conseil de sécurité de l’Onu a pris six résolutions pour sanctionner le programme nucléaire iranien.

La levée des restrictions sur les armes et les missiles est inacceptable pour les Occidentaux, compte tenu du contexte régional, et de l’implication iranienne dans plusieurs conflits, notamment en Syrie ou en Irak, soulignent depuis des mois plusieurs sources diplomatiques.

Source : 45enord.ca

Relayé par P.F

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