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ILERI-Défense

Note de synthèse : Le Hezbollah dans la révolution arabe, un arc chiite en difficulté.

28 Mars 2012 , Rédigé par ileridefense Publié dans #note de synthèse

Le Hezbollah est un mouvement politique chiite libanais, né en 1982 pour contrer l’armée israélienne au moment de l’invasion de la Tsahal (armée israélienne) au Sud Liban. Constituer d’une branche armée, elle doit sa création d’un financement principalement issu de l’Iran et en partie de la Syrie. Son objectif principal est de lutter et de combattre l’Etat d’Israël, et ce, en usant de moyens se rapprochant à plusieurs reprises du terrorisme. Le parti prend place au sein du gouvernement à la suite de la démission du gouvernement de l’ancien premier ministre Saad Hariri du 12 janvier 2011 et gagne quatorze sièges au Parlement. Voyons la réaction du Hezbollah face à cette révolution syrienne, amenant à une possible modification de l’arc chiite oriental.

 

Alors que le Liban est dans une impasse politique, le Hezbollah, qui a pris la tête de l’opposition libanaise en juin 2011, entend exploiter politiquement une fête religieuse  chiite, « l’Achoura », en la transformant en démonstration de force. Il cherche à afficher sa capacité à mobiliser les partisans, pour « terroriser » la majorité dans le but de lui arracher des concessions politiques. L’autre objectif est de confirmer le leadership d’Hassan Nasrallah (secrétaire général du Hezbollah) sur la communauté chiite, alors que plusieurs médias proches de la majorité font état de profondes divergences entre Nasrallah, et son second Naïm Kassem, qui s’opposent catégoriquement à l’implication de la ligue Arabe dans la résolution du conflit syrien. Pour emporter son bras de fer engagé avec ses seconds, le chef du Hezbollah est condamné à radicaliser ses positions, entraînant avec lui la radicalisation de toute la communauté et compliquant davantage la crise politique et communautaire au Liban.

L’image d’Hassan Nasrallah a ainsi souffert de ses déclarations de soutien à Bachar al Assad. On rapporte que lors de manifestations à Abu Kemal (frontière syro-irakienne), le 27 mai 2011, des portraits de Hassan Nasrallah ont même été incendiés. Aussi, des rumeurs sur la participation du Hezbollah à la répression ont achevé d’entacher l’image associée au « parti de Dieu ». En août, la chaîne d’informations panarabe Alarabiya relayait les propos d’un des leaders de la révolte en Syrie, qui accusait le Hezbollah d’avoir envoyé des « milices armées » pour prêter main forte à Bachar al Assad (annexe 4). Si la répression ternit l’image du Hezbollah, elle ternit plus généralement l’image du gouvernement libanais qui n’arrive pas à se positionner au sujet de la révolution de son voisin. Or, ce lien entre Damas et le gouvernement libanais est nocif pour l’image de ce dernier. Les propos d’une des principales figures du Mouvement du 14 mars (bloc anti-syrien), Samir Geagea, résument d’ailleurs la situation dans laquelle se trouve le gouvernement libanais, « Les évènements en Syrie affecteront la vie de ce gouvernement parce qu’il est, à l’origine, lié au Hezbollah et à la Syrie. ».

Le Hezbollah se retrouve donc dans une position, qui rend l’Etat libanais dépendant de sa présence sur l’échiquier politique.

Face à la guerre civile syrienne, ou révolution syrienne, les principaux protagonistes de l’arc chiite, tels que l’Iran, la Syrie et le Hezbollah libanais, se sentent fragiliser et craignent une diminution voire une disparition de l’influence chiite au proche et moyen orient. Aujourd’hui nous faisons face à un Hezbollah qui s’est réellement installé politiquement sur la scène libanaise et proche orientale, et nous constatons une forme de radicalisation dans leurs discours politiques,  indiquant que la puissance du parti ne se laisse pas impressionner par la crise syrienne.

 

Le régime du président syrien Al-Assad est appelé à tomber tôt ou tard. Dans cette perspective, nous pouvons nous demander comment l’Iran et notamment le Hezbollah libanais, devront réagir pour conserver une légitime influence sur la scène politico-militaire arabo-musulmane? Leur crédibilité dans leur combat contre l’Etat d’Israël et contre la puissance étasunienne serait alors mis en jeux, ce qui amènerait à un changement complet des géopolitiques et stratégiques des Etats de la région. 

 

Joffrey BdJ, Bachelor 3 ILERI, équipe ILERI-Défense

 

 

Bibliographie :

 

Livre :

-          GUIDERE Mathieu, le choc des révolutions arabe, Autrement, juin 2011, pages 210.

 

Sites internet :

-          Jean-Marie QUEMENER, Le Liban peut-il profiter de la crise syrienne pour s’émanciper ?, Atlantico, 21 février 2012. 

-          Démonstration de force du Hezbollah à Beyrouth, le courrier international, 19 janvier 2011.

-          Inquiet de la situation en Syrie, le Hezbollah rapatrie ses armes, LeMonde, 25 juin 2011.

-          Hezbollah and the Arab revolution, Al-Jazeera, 21 juin 2011.

 

Centre de recherche :

-          MARRET Jl, Un exemple de parti politique avec bras armé: le Hezbollah, IFRI, 2011

-          LAROZE BARRIT Sébastien, Le Liban victime collatérale de la répression en Syrie, Gremmo lyon, octobre 2011.

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