"Avec les tueries de Toulouse, un verrou psychologique a sauté"
Peu de temps après les attentats du 11 septembre 2001, le monde découvrait le visage de Zacarias Moussaoui, un djihadiste français né en 1968 à Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques), et condamné en 2006 à de la prison à perpétuité pour sa participation dans l’attentat terroriste le plus meurtrier jamais perpétré sur le sol américain.
Une dizaine d’année plus tard, c’est au tour d’un autre Français de défrayer la chronique internationale. Jeudi 22 mars, Mohamed Merah, né à Toulouse, est abattu dans la Ville rose par le Raid après 32 heures de siège au cours duquel il a reconnu sa responsabilité dans les tueries de Montauban et de Toulouse qui ont fait sept morts.
Comment des Français, élevés sur le sol national, ont-ils pu basculer dans le fanatisme le plus brutal ? Comment devient-on un "djihadiste de terroir", pour reprendre les termes de Mathieu Guidère, islamologue et spécialiste de géopolitique à l’université Toulouse II-Le Mirail ?
Une vingtaine de salafistes en France
Deux questions qui viennent aujourd’hui s’immiscer avec fracas dans la campagne présidentielle. "Les gens se demandent si le cas Merah a ouvert la voie à d’autres éventuels passages à l’acte, explique Mathieu Guidère. La réponse est complexe mais avec les tueries de Toulouse et Montauban, il faut reconnaître qu'un verrou psychologique a sauté. Il est possible qu'un fanatique, avec un degré de folie et de détermination assez élevé, puisse s'en prendre à ses concitoyens sur le territoire national."
Pour autant, le passage à l’acte de Mohamed Merah est le premier du genre en France. Un cas marginal que les autorités hexagonales cherchent à "isoler" en répétant à l’envi que seuls une vingtaine de Français ayant des liens supposés avec Al-Qaïda ont été listés sur le territoire.
france 24