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ILERI-Défense

L'archipel Senkaku-Diaoyu : une zone de tensions internationales 1/2

4 Janvier 2014 , Rédigé par E.C, Equipe ILERI-Défense, Zone Asie Publié dans #note de synthèse, #Asie

L'archipel Senkaku-Diaoyu : une zone de tensions internationales 1/2

Les relations sino-japonaises ont toujours été sources de rivalités ; cependant elles ont, depuis l'année dernière, pris un tournant sans précédent. L'achat de l'archipel de Senkaku par le gouvernement japonais à l'un de ses ressortissants est fortement contesté par la Chine qui revendique ces îles qu'elle nomme Diaoyu. Ce différent qui semble purement politique prend des proportions qui affectent toute la zone de la mer de Chine. En effet, là où seulement quelques nationalistes manifestaient leur détermination quant à la revendication des îlots, le gouvernement chinois décide alors d'initiatives lourdes de conséquences.

En outre, le 23 novembre 2013, la Chine déclare unilatéralement une Zone Aérienne d'Identification (ZAI) qui englobe l'archipel disputé. Dès lors, le gouvernement chinois contraint tout autre Etat souhaitant passer dans la zone à indiquer au préalable sa nationalité, son parcours et son objectif. En cas de non respect de cette requête, la Chine menace d'intervenir militairement. Un acte déterminé qui se veut clair mettant en péril les relations inter-étatiques de la région. Le Japon, la Corée du Sud, l'Australie et les Etats-Unis y voient une sérieuse menace pour la paix instaurée dans la zone. L'ensemble des pays s'arme massivement en augmentant leurs budgets respectifs en matière de défense. Les provocations de ces pays sont dès lors nombreuses. Les Etats-Unis sont les premiers à défier les chinois en survolant la zone sans respecter les conditions instaurées par le gouvernement chinois, suivent alors les japonais, puis les sud-coréens en continuant leurs activités militaires et/ou civiles. La Chine, qui n'a pas répliqué lors de ces « infractions », voit d'un mauvais œil les réactions de ces Etats. Ainsi, elle accroît ses moyens militaires et montre sa détermination en envoyant, les 28 et 29 décembre, plusieurs chasseurs et un avion de détection pour surveiller tout engin n'ayant pas consenti à ses restrictions.

Ce « jeu de ping-pong » de menaces mis en place par les différentes parties est dangereux. En effet, la politique des Etats peut être interprétée de la sorte : préparer la guerre dans l'optique de sauvegarder la paix. Les Etats-Unis craignent ces tensions qu'ils ont eux-mêmes contribué à déclencher. Ils changent de stratégie et décide de respecter les demandes chinoises sur la ZAI, dans l'intérêt des civils – même s'ils ne la reconnaissent toujours pas. Ils demandent au Japon de se résoudre, dans l'immédiat, à l'acte unilatéral imposé par la Chine dans un souci de préservation de paix dans la zone.

Les tensions augmentent et deviennent compliquées à gérer ; l'archipel Senkaku-Diaoyu ne serait-il pas un prétexte qui relata d'un conflit antérieur ? Pour comprendre ce désaccord sino-japonais qui s'intensifie depuis plusieurs mois, un bref historique s'impose. Pour cela, il faut mesurer l'importance de l'archipel auprès de ces Etats mais aussi s'interroger sur de potentielles causes antérieures qui relatent ces mauvaises relations.

Une revendication justifiée ?1

L'archipel possède cinq îles inhabitées d'à peine 7 km2 et qui ne semblent pas pouvoir l'être un jour, alors pourquoi ces îlots sont-ils si important aux yeux de ces Etats ?

L'archipel détiendrait d'importantes ressources d'hydrocarbures selon une étude faite par les Nations-Unies en 1969. Ces îles seraient donc sources de profits économiques qui attirent les deux pays. Mais c'est surtout leur situation géographique qui fait poids, notamment pour diverses raisons géostratégiques et commerciales. Ainsi, le Japon souhaite en faire un lieu attractif en créant un Casino. Détenir ces îlots est également très important d'un point de vue géopolitique. En effet, la Chine y voit un espace où baser ses sous-marins au plus prêt de ses voisins et donc d'étendre sa suprématie sur la zone. Ainsi, la détention de l'archipel fait partie des priorités politiques des deux pays, qui engendre des tensions de plus en plus fortes car créatrices de nationalismes, ce qui s'avère dangereux au vu de la situation politique de la zone restée très fragile depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

Il est donc indispensable de s'interroger sur l'appartenance de ces îles. Administrativement, l'archipel est détenu par le Japon depuis 1972, après que les américains lui en aient confié la garde. Un acte que la Chine a toujours considéré comme un affront puisqu'elle la considère sienne. Elle légitime sa revendication en invoquant des arguments historique et géologique. Cependant ces critères ne sont pas suffisant aux yeux des Nations-Unies pour invoquer un droit de propriété.

Cette vieille rivalité entre les deux pays a pris de l'envergure, en été 2012, lorsque le gouvernement japonais a racheté à l'un de ses ressortissants les îlots. Le Japon insiste pour clarifier la situation en indiquant que c'est un moyen d'empêcher à d'ultra-nationalistes japonais d'acquérir l'archipel. La colère de la Chine gronde face à ce rachat, sa population manifeste massivement et ce projet devient l'événement phare se muant en une véritable lutte nationaliste.

Des tensions d'antan

En effet, les relations sino-japonaises n'ont jamais été de bon augure notamment parce que le Japon ne reconnaît pas les nombreux massacres qu'il a commis dans le passé, mais aussi parce que la Chine tend sans cesse à s'imposer comme la grande puissance du sous-continent Asie du Sud-Est, essayant d'obliger les pays voisins à se soumettre à elle. Les rivalités sont omniprésentes dans la zone : économiquement, militairement, politiquement, la Chine fait peur à ses voisins. Aujourd'hui implantée dans le monde, la Chine est la seconde puissance économique et militaire mondiale derrière les Etats-Unis. Pays communiste, son idéologie fait également défaut pour certains voisins (Corée du Sud, Japon) et inquiète fortement les Etats-Unis qui présument que l'étendue de cet Etat peut aussi avoir lieu politiquement.

L'archipel n'est donc plus un simple différent sino-japonais mais s'étend au niveau international englobant des Etats tiers qui s'immiscent dans ce désaccord pour des raisons géostratégiques. Les Etats-Unis sont l'un des pays qui s'interposent le plus notamment car ils sont les principaux alliés du Japon, mais aussi car ils s'inquiètent de la sauvegarde de la paix dans la région. La Corée du Sud a également pris parti contre la Chine dans ce conflit car elle y a également des intérêts privés qui lui font défaut de par la création de la ZAI. Enfin, Taïwan s'oppose strictement à la ZAI, disputant également l'archipel.

L'ennemi commun semble être évident, cependant les relations entre ces Etats n'étant pas au beau fixe et le retournement de situation de la part des Etats-Unis ayant surpris le Japon, l'alliance face à la Chine semble compromise aussi bien militairement que diplomatiquement.

1Lire G. Poissonnier, P. Osseland, A qui appartiennent les îles Senkaku-Diaoyu, Le Monde, 15 octobre 2012

Par E.C., ILERI deuxième année, équipe ILERI défense, pôle Asie

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