Fin du système Louvois pour le paiement des soldes.
Le 26/11/13
Lemonde.fr
Louvois, le logiciel de paiement des soldes militaires, sera abandonné, a annoncé, mardi 26 novembre, le ministre de la défense français, Jean-Yves Le Drian, quelques heures avant l'examen du projet de loi de programmation militaire à l'Assemblée. Interrogé sur Europe 1, le ministre a qualifié le système de« désastre » et de « vraie catastrophe » « Il a été mis en place dans la précipitation », a-t-il ajouté.
Les défauts du logiciel depuis sa mise en place en 2011 suscitent l'exaspération des militaires. Il a, depuis deux ans, provoqué des erreurs à répétition dans le calcul des soldes, voire l'absence de versement pour des soldats en opération au Mali ou en Afghanistan dont les épouses devaient gérer le découvert bancaire. En juin, quelque 130 millions d'euros de trop-perçus avaient été comptabilisés en raison des erreurs suscitées par le système. En octobre, 65 000 militaires connaissent encore des problèmes de versement de leur solde, avec des moins et des trop-perçus.
Le 10 octobre, le ministre de la défense avait déjà qualifié, devant le régiment des Diables rouges (le surnom donnée au 152e régiment d'infanterie de Colmar), Louvois de « vraie catastrophe, dont les effets sont considérables ».
Après avoir longtemps assuré que le système était en voie de normalisation, les responsables du ministère ont fini par se lasser d'un logiciel devenu incontrôlable.
« On va remettre en place un dispositif plus robuste, qui va être préparé avec beaucoup de vigilance, qui va être expérimenté, et qui va se mettre en place dans les mois qui viennent », a poursuivi M. Le Drian. Mais, a-t-il déclaré, mardi matin,« il faudra un gros travail de préparation ». « Je n'ai pas l'intention derecommencer la très mauvaise expérience que je viens de vivre. Je ne veux pas ajouter de la polémique à la catastrophe, j'assume l'héritage, même s'il est difficile », a-t-il ajouté. La facture devrait s'élever à plusieurs dizaines de millions d'euros.
Le ministre de la défense avait présenté en octobre les différentes restructurations prévues dans le cadre de la loi de programmation militaire (PLM). Un plan social qui comprend 34 500 suppressions d'emplois d'ici 2019, et qui n'a pas manqué d'inquiéter l'armée française, déjà perturbée par le compte de plus en plus chiche des moyens d'entraînement pour ceux qui restent à l'arrière.
