Presque tous les chefs d’Etat major des armées des pays de la Cedeao ont fait le déplacement. Au terme de deux jours de travaux, les recommandations de cette réunion d’urgence du comité des chefs d’état-major seront proposées aux chefs d’Etats et de gouvernements à la prochaine session de l’institution sous-régionale prévue en mars en Côte d’Ivoire. Au cours de cette réunion, les officiers supérieurs ont réfléchi à la contre-offensive à mener contre le groupe islamique, Boko Haram qui sévit par des attaques meurtrières dans le Centre et le Nord du Nigéria, la rébellion touareg dans le nord du Mali et les velléités de déstabilisation dans le Golfe du Guinée.
A la fin des deux jours de réflexion, il a été soumis aux chefs d’Etats et de gouvernements de la Cedeao, une condamnation ferme de la violence par Boko Haram, une implication soutenue dans le combat pour bouter hors du Nigeria, le groupe islamique qui revendique des attentats. Concernant le Mali, les chefs d’Etat-major ont préconisé un soutien logistique, financier et un renfort aux troupes maliennes pour faire face à la situation du Nord. Pour le Golfe de Guinée, une plate-forme d’échanges d’informations et de renseignements a été recommandée pour contrer tout vent de déstabilisation. Comme on le voit, les chefs des armées nationales des pays membres de la Cedeao veulent boucler la sous-région afin de sécuriser les populations et leurs biens.
Mais si on prend le cas malien où un soutien logistique, financier et un renfort aux troupes maliennes pour faire face à la situation du Nord a été préconisé, on est tenté de demander la forme que cette aide va prendre. Les armées des pays membres de la Cedeao vont-elles être déployées au Mali pour combattre les rebelles touaregs aux cotés de l’armée malienne au sol ? Ou cette aide va-t-elle consister à une force d’interposition. Si la première option venait à être adoptée, ce sera une première dans ce sens. En effet, au plus fort de la crise ivoirienne en 2002, les forces de la Cedeao déployées sur le terrain n’avaient pas combattu aux cotés de l’armée régulière. Elles se sont contentées de jouer le rôle d’une force tampon.
Si cette recommandation venait à être appliquée au nord du Mali, les régimes en place pourront se prévaloir de ce soutien régional pour mater désormais les tentatives de rébellion sur leur territoire.
Eros NOUWOKPO
http://www.temoust.org/rebellion-touareg-au-nord-du-mali,15618