Première visite en Chine pour un Premier ministre turc depuis 27 ans
AFP - Pour la première fois en 27 ans un Premier ministre turc est arrivé lundi en visite officielle à Pékin, un voyage que Recep Tayyip Erdogan a débuté dans la région autonome musulmane du Xinjiang (ouest) où vivent les Ouïghours turcophones.
Avant d'arriver à Pékin où il a été reçu lundi en fin de journée par son homologue Wen Jiabao, M. Erdogan s'est arrêté dimanche à Urumqi, la capitale du Xinjiang, immense territoire régulièrement secoué par des fortes tensions entre Hans (ethnie majoritaire en Chine) et Ouïghours.
"C'est assez inattendu parce que les Chinois n'aiment pas laisser les Turcs aller au Xinjiang", a commenté à l'AFP le professeur Jean-Pierre Cabestan, expert de la Chine à l'Université baptiste de Hong Kong.
"Mais les relations avec la Turquie se sont très nettement réchauffées depuis 3-4 ans", a-t-il poursuivi. "Les Chinois ont besoin de la Turquie. Au Moyen-Orient, ils ont besoin d'un appui. Ils voient bien que la Turquie est un pays qui monte, se développe, reste a la porte de l'Union européenne mais a un rôle particulier à la fois par rapport au Moyen-Orient et à l'Europe."
Tout en reconnaissant la souveraineté chinoise sur le Xinjiang, la Turquie avait dénoncé les violences qui y avaient accompagné les affrontements inter-ethniques en 2009, les qualifiant d'"atrocités".
Nombre des Ouïghours dénoncent la répression culturelle et religieuse à leur encontre ainsi que l'immigration massive de Hans qui mènent le développement économique de cette région encore pauvre mais riche en ressources naturelles.
Lors de sa visite officielle à Pékin, Recep Tayyip Erdogan sera reçu par le président chinois Hu Jintao et le vice-président Xi Jinping.
Les discussions pourraient aborder notamment le sujet du nucléaire iranien, alors que les négociations sur cette question reprendront samedi à Istanbul, rassemblant autour de la table l'Iran et les puissances du groupe 5+1 (dont fait partie la Chine).
Le chef de gouvernement turc se rendra aussi à Shanghai, la capitale économique de la Chine.
Le volume du commerce bilatéral entre la Chine et la Turquie a bondi de 1 milliard de dollars en 2000 à 19,5 milliards en 2010, selon les chiffres officiels. Mais la balance commerciale est très nettement en faveur de la Chine.