Mali : mais où sont donc les missiles sol-air portables ?
Des mois durant, tous les" experts" le claironnaient : au Sahel, les terroristes disposaient désormais de missiles sol-air portables (Manpads, en anglais) récupérés dans les stocks libyens. On
allait voir ce qu'on allait voir... Et que voit-on ? Rien. Une nouvelle fois, les fantasmes ont pris le pas sur l'analyse sérieuse. Au terme de quatre semaines de guerre au Mali, qui ont vu
l'emploi d'importants moyens aériens contre les djihadistes, l'état-major des armées reconnait que "à ce stade, il n'y a pas d'indice qui laisse penser que nos appareils ont été engagés"
par des Manpads... C'est évidemment une bonne nouvelle pour les opérationnels, mais une nettement moins bonne pour les "experts".
Les djihadistes possèdent-ils des systèmes de type Sam-7 ? On l'ignore. Ce que l'on sait en revanche c'est qu'ils n'ont pas tenté de s'en servir alors même qu'ils sont sérieusement frappés
depuis les airs...
Ces systèmes Manpads sont - les vrais experts de l'artillerie le savent - très fragiles. D'abord, ils ne peuvent fonctionner qu'avec des batteries qui fournissent l'électricité permettant de
refroidir les systèmes de visée pour "accrocher" le guidage infrarouge sur la source de chaleur de l'appareil visé. Ensuite, ils demandent à être soigneusement stockés et entretenus : on ne les
brinqueballe pas à l'arrière d'une Toyota comme un vulgaire RPG-7, ou, si on le fait, on risque d'avoir une mauvaise surprise au moment du tir.
Les aviateurs français prennent néanmoins de vraies précautions, au cas où... Perdre un avion ferait en effet très mauvais effet médiatique. Les appareils volent à distance de sécurité, au dessus
de 3000 mètres. Car il faut également éviter les tirs, bien réels ceux là, de la petite artillerie montée sur les 4x4, type mitrailleuse de 14,5 mm. Par ailleurs, les avions sont équipés de
leurres thermiques, qui permettent de détourner un missile de sa cible.
secret defense, Jean Dominique Merchet