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ILERI-Défense

Leçons logistiques de la guerre de Libye

14 Décembre 2012 , Rédigé par ileridefense Publié dans #France

L'opération Harmattan, partie française de la guerre menée par une coalition internationale contre la Libye de Kadhafi du 19 mars au 31 octobre 2011, a donné lieu à divers rapports de retour d'expérience (Retex). Le contrôle général des armées est sur le point de rendre celui qu'il a conduit sur les aspects logistiques de cette guerre. Il devait leur permettre de répondre à trois questions, la première portant sur une quantification précise des consommations (munitions, carburants, matériels, rechanges, etc.). Seconde interrogation : les stocks nécessaires aux combats ont-ils été disponibles aux bons endroits et à l'heure ? Enfin, comment s'est déroulée la reconstitution des stocks ? Que l'on se rassure : ça ne s'est pas trop mal passé ! Quoique...

 

Faiblesse des stocks de certains composants

Durant cette guerre, les avions ont largué 950 bombes et tiré 240 missiles air-sol (dont 15 Scalp et 225 A2SM). Les hélicoptères ont lancé 431 missiles Hot tandis que des frappes à terre ont également été délivrées par des bâtiments de la marine, soit 3 000 obus de 100 et 78 mm.

Le contrôle général des armées dit aujourd'hui qu'il s'agit d'une "consommation importante et bien mesurée de munitions, notamment des munitions guidées air-sol, dont l'emploi a souligné la faiblesse des stocks de certains de leurs composants". Les contrôleurs confirment également que "l'opération a entraîné la suractivité de plusieurs types de matériels (aéronefs, bâtiments de la marine), mais son intensité est restée limitée, ce qui, rapporté à l'heure de fonctionnement, n'a pas conduit à une surconsommation de rechanges". Concernant la gestion des stocks de munitions et de leur transport, il reste tout de même des progrès à faire : "Une composition de certains stocks de rechanges ou de munitions inadéquates, une réglementation du temps de paix en matière de stockage et de manipulation des munitions non compatible avec la conduite d'une opération à partir du territoire national sont les principales difficultés relevées."

Retard dans la formation des pilotes

Terminée depuis quatorze mois, la guerre a largement ponctionné les stocks. Pour les carburants, tout a été recomplété rapidement et les réserves étaient reconstituées peu après la fin du conflit. Il n'en va pas de même pour les munitions, puisqu'il faudra attendre la fin 2013 pour que les réserves retrouvent leur niveau d'avant mars 2011.

Enfin, s'agissant des réparations et des remises en condition imposées par la suractivité des avions, hélicoptères et navires, elles sont aujourd'hui terminées, à l'exception notable des avions ravitailleurs. Autre problème : la formation des pilotes largement suspendue durant la guerre en raison de l'activité opérationnelle. Ce retard ne sera pas complètement rattrapé, annonce le contrôle général des armées, "compte tenu de la dépense qu'il implique" sur deux postes budgétivores : le carburant et le maintien en condition opérationnelle des avions.

 

Jean Guisnel

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