Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
ILERI-Défense

L'Arabie saoudite et le Yémen, les autres territoires de radicalisation

21 Mars 2012 , Rédigé par ileridefense Publié dans #Proche-Orient- Moyen-Orient- Monde Arabe

Les zones tribales pakistanaises ne sont pas les seules zones qui attirent les "born again" islamistes dont une minorité peut basculer dans le djihad et la lutte armée.

Berceau du salafisme, l'Arabie saoudite a également été une destination prisée par ces islamistes, qu'ils aient ou non des racines dans des pays musulmans tels que les Etats du Maghreb. Mais ils y sont la cible des services de sécurité saoudiens, qui se servent souvent d'appâts dans les universités que peuvent fréquenter ces islamistes pour approfondir leur connaissance de l'arabe ou de l'islam, pour les identifier et les arrêter lorsqu'ils sont jugés potentiellement dangereux. Une coopération étroite existe d'ailleurs entre ces services, qui fonctionnent sans les contraintes d'un Etat de droit, et leurs homologues occidentaux.

Cette surveillance a fait du Yémen un refuge alternatif. C'est d'ailleurs dans ce pays voisin du royaume que les djihadistes saoudiens se sont repliés, pourchassés par les services de sécurité de leur pays, après la vague d'attentats qui avait débuté en 2003.

Pays dépourvu d'Etat central fort, aux prises avec une guérilla persistante dans le Nord et à un courant séparatiste dans le sud, le Yémen, avant même la révolution de 2011, a constitué un territoire de prédilection pour le radicalisme islamiste. C'est là que la filiale djihadiste, Al-Qaida pour la Péninsule arabique (AQPA) a été constituée en février 2009, amalgamant combattants saoudiens et yéménites, y compris au plus haut niveau de direction.

Alimenté historiquement par les anciens des maquis afghans de l'époque soviétique, le djihadisme yéménite bénéficie également de la porosité de certaines structures politiques comme le symbolise la figure d'Abdoul Majid Al-Zindani, membre de la formation islamiste Al-Islah mais également responsable de l'université Imam fondée avec le soutien des autorités yéménites et qu'avait fréquenté le Nigérian Omar Farouk Abdulmutallab, auteur de l'attentat raté de Detroit en novembre 2009.

Tué en 2011 dans un bombardement (vraisemblablement un tir de drone américain), Anouar Al-Awlaqui, prédicateur disposant des nationalités américaine et française impliqué dans la tuerie de Fort Hood, au Etats-Unis, avait également fréquenté l'université Imam.

L'éviction du pouvoir du président Ali Abdallah Saleh, sous la pression de la rue, et la désorganisation qui a accompagné la révolution yéménite ont été mis à profit par AQPA pour conforter ses positions, notamment dans le sud et dans le centre du pays. Le Yémen constitue d'ailleurs aujourd'hui le principal lieu de regroupement djihadiste en dehors de la frontière afghano-pakistanaise.

 

Gilles Paris, Lemonde

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article