Le 3e Rima de Vannes touché par des suicides
Le 19/09/14
De ouest-france.fr, Bruno Jézéquel
À Vannes, trois soldats du Régiment d’infanterie de marine ont mis fin à leurs jours depuis janvier 2013. Des militaires dénoncent une ambiance délétère.
En janvier 2013, juillet 2013 et le 28 août dernier, trois soldats de la 4e section de la 1recompagnie dite Les Forbans du 3e Régiment d'infanterie de marine (Rima), de Vannes, ont mis fin à leurs jours.Ces suicides ont sans doute une origine complexe, mais leur succession interroge et fait émerger la parole de soldats bouleversés qui veulent dénoncer un dysfonctionnement au sein de l'unité.
Soutien psychologique
Signe que cette série de drames est prise au sérieux par l'armée, mardi 9 septembre, des psychologues et psychiatres militaires étaient au régiment pour entendre les soldats des Forbans intéressés par une écoute individuelle. Une intervention décidée avant le troisième suicide.
Un drame familial
Le premier des jeunes à disparaître, début 2013 avait 25 ans. Il est le seul des suicidés à avoir participé aux combats en Afghanistan, pendant lesquels cinq soldats des Forbans sont morts.Le deuxième militaire décédé, en juillet 2013, avait 23 ans, il venait de vivre quelques jours avant son geste une terrible « tragédie familiale » témoigne le maire de sa commune.
Enquête de police
Le troisième soldat, âgé de 25 ans, a mis fin à ses jours le 28 août dernier. L'enquête de police n'est pas close. « Nous le suivions. Selon les témoignages que nous avions début août, il allait mieux. Nous n'avons pas vu le risque majeur. Tous les jours je me demande ce que l'on aurait pu faire de plus », explique Hervé Pierre, colonel du 3e Rima.
Des gifles
Trois hommes des Forbans tout en reconnaissant des raisons diverses aux décès des trois jeunes pointent en toile de fond une ambiance délétère. « Des gars pètent les plombs, avec le stress, le manque de respect de certains sous-officiers qui utilisent de façon perverse leur grade, les insultes racistes. Ils jouent avec nous, avec les permissions, la notation, en nous punissant avec des tours de gardes supplémentaires. » Ils poursuivent : « Des chefs sont très bien mais certains cadres donnent des gifles, ils appellent ça des claques de bon fonctionnement. »
Soldats en souffrance
Hervé Pierre, qui met en avant le suivi par l'armée des soldats en détresse, réagit : « Je veux bien entendre que tout n'est pas rose dans les unités. Il y a un fond de rugosité dans les relations qui peuvent être difficiles. Mais j'ai un peu de mal à faire le lien avec les suicides. »
