Sommet de l’OTAN: le Canada s’opposerait à une augmentation des budgets militaires
Le 31/08/14
De 45enord.ca
À la veille du Sommet de l’Alliance atlantique, qui se tiendra au Pays de Galles du 4 au 5 septembre, l’OTAN souhaite que les États membres acceptent d’augmenter leurs dépenses militaires, mais, selon ce que rapporte l’agence britannique Reuters, s’appuyant sur des sources qui s’expriment sous le couvert de l’anonymat, le Canada s’y refuse et bloquerait une résolution en ce sens.
L’OTAN aimerait voir ses États membres s’engager à augmenter leurs dépenses de défense à 2 pour cent du PIB [produit intérieur brut] au cours des 10 prochaines années. En 2013, seuls quatre pays – les États-Unis, la Grande-Bretagne, la Grèce et l’Estonie – ont dépensé autant sur la défense.
L’Alliance a besoin d’un budget renforcé pour « une présence plus visible de l’OTAN dans l’est » pour contrer la Russie, qui, selon le Secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, « soutient activement l’insurrection en Ukraine. »
Le chef de l’OTAN envisagerait l’établissement de plusieurs bases dans l’Est de l’Europe pour affronter la Russie
Le Premier ministre canadien Stephen Harper sera au Pays de Galles pour participer au Sommet de l’OTAN, alors que pleuvent les accusations d’ingérence directe contre la Russie en Ukraine et que les membres de l’Alliance devront coordonner leur réponse face aux dernières actions de Moscou.
Au Pays de Galles,dit le communiqué du Bureau du Premier ministre qui annonce sa participation au Sommet, Stephen Harper insistera sur l’engagement inébranlable du Canada envers l’Alliance et sur la nécessité de «réagir avec vigueur et de manière coordonnée aux efforts russes visant à déstabiliser l’Ukraine, à en miner la souveraineté et l’intégrité territoriale».
Le Canada participe déjà activement aux mesures de réassurance des alliés de l’OTAN en fournissant des aéronefs, un navire et des troupes pour favoriser un climat de sécurité et de stabilité en Europe de l’Est et en Europe centrale.
Le Canada a envoyé jusqu’ici six avions de chasse pour patrouiller le ciel de l’Europe de l’Est. Les troupes canadiennes ont aussi participé à des exercices en Pologne et Ottawa a également fourni une aide militaire non létal à l’Ukraine et a promis à Kiev 220 millions $ en prêts et de garanties de prêts.
Mais il y a une grande différence entre des actions ponctuelles,quelque soient leur coûts, et un engagement à augmenter durablement ses dépenses militaires.
Le Canada réfractaire à une augmentation des budgets à long terme
«Le Canada a clairement fait savoir qu’il va bloquer le consensus » et même si la demande d’augmenter les dépenses militaires visait surtout les pays européens, « le refus du Canada rendra la vie plus difficile pour l’OTAN alors qu’elle elle fait face à l’agression russe, », a déclaré à l’agence britannique l’une des sources proches des négociations.
Le Canada estime que, quelle que soit la situation dans l’Est ukrainien, ce n’est pas une raison pour que les États membres de l’OTAN s’engagent à long terme à des dépenses de défense plus élevées.
« Nous sommes ouverts à augmenter les dépenses de défense, mais à des fins spécifiques … alors que l’OTAN parle d’engagement de plus de 10 ans, alors qu’il y a plutôt un besoin urgent de répondre à la situation avec la Russie et l’Ukraine, » , a dit un haut fonctionnaire canadien selon ce que rapporte l’agence.
« La réponse à cette question [ la situation en Ukraine] n’est pas un engagement de 10 ans … ce n’est pas plus de communiqués de presse, c’est de prendre des mesures, et je pense qu’à cet égard au Canada a fait son devoir ».
Le responsable canadien aurait aussi souligné que les citoyens canadiens n’accepteraient pas le doublement des dépenses de défense du pays.
Et le Canada n’est pas le seul pays mécontent à l’idée d’une augmentation des dépenses de défense à 2 pour cent du PIB. L’Allemagne a aussi exprimé son inquiétude sur la question.
« L’Allemagne estime que l’exigence de 2 pour cent ne convient comme critère d’évaluation pour déterminer la fidélité d’un État membre de l’Alliance. Nous devrions moins parler de pourcentages des budgets de la défense et plus sur des solutions intelligentes pour obtenir de meilleures capacités, », a déclaré un porte-parole du ministère allemand de la défense.
Bref, joindre l’action à la parole, oui, mais des actions ponctuelles.
Des membres du 425e escadron d’appui tactique alors qu’il montaient à bord d’un CC-150 Polaris pour s’envoler le 29 avril vers l’Europe dans le cadre de la contribution canadienne aux mesures prises par l’OTAN pour rassurer les pays voisins de la Russie en Europe centrale et en Europe de l’Est (Archives/MDN)
