« La spirale des affrontements s’est brutalement aggravée »
Jean-Yves Le Drian est venu aujourd’hui rencontrer les militaires français en Centrafrique, quelques jours après la visite du président de la République François Hollande. Pas seulement à Bangui mais aussi à Bossangoa, le ministre de la défense a tenu à montrer qu’il était au contact des forces directement impliquées sur le terrain au plus proches des zones « chaudes ».
Dans son discours que l’on peut télécharger en cliquant ici, Le Drian a tenu à souligner que « la spirale des affrontements s’est brutalement aggravée, ajoutant à la crise sécuritaire les prémices d’une tragédie humanitaire ». Ajoutant « qu’aujourd’hui, 10% des Centrafricains ont quitté leur foyer, et une majorité de la population se trouve en situation d’insécurité alimentaire. Mais l’évolution de ce pays à la dérive recouvre un autre péril majeur, celui de l’anarchie qui risque, au-delà même des frontières centrafricaines, de déstabiliser toute la région, en attirant ici notamment toutes sortes de groupes criminels et terroristes ».
Entre rétablissement de la sécurité, l’enrayement des exactions et des dérives confessionnelles qui en découlent et le soutien à la tâche humanitaire par le biais d’actions civilo-militaires, les objectifs des militaires français risquent d’être difficilement remplis en quelques mois. Un Etat qui n’a pas su se reconstruire depuis des dizaines d’années parviendra-t-il à se renforcer uniquement en élisant un nouveau président et en séparant les musulmans et les chrétiens des exactions acharnées auxquelles ils se livrent aujourd’hui ?