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ILERI-Défense

Accord entre l’Iran et l’AIEA

13 Novembre 2013 , Rédigé par ileridefense Publié dans #Proche-Orient- Moyen-Orient- Monde Arabe

L’Occident maintient la pression ; Washington rassure ses alliés régionaux.
L’Iran et l’Agence nucléaire de l’ONU sont parvenus hier à un accord de coopération sur le programme nucléaire iranien. La feuille de route sur les vérifications des activités nucléaires iraniennes a été conclue à l’occasion de la visite à Téhéran du chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano. Elle prévoit une inspection de l’usine de production d’eau lourde d’Arak, à laquelle l’Agence onusienne tente d’accéder depuis 2011, mais pas du site militaire plus controversé de Parchin. Elle survient au lendemain de la fin de trois jours d’intenses négociations à Genève entre l’Iran et le groupe 5+1 des grandes puissances, qui n’ont pas permis d’aboutir à un accord sur le programme nucléaire de Téhéran. Les négociations ont néanmoins permis d’importants progrès, selon des participants, et doivent reprendre le 20 novembre à Genève.

Le chef de l’organisation nucléaire iranienne, Ali Akbar Salehi, a expliqué que l’Iran avait accepté « volontairement » des inspections de « l’usine d’Arak et la mine (d’uranium) de Gachin », près de Bandar Abbas. Ces inspections font partie de la première phase de cette feuille de route, d’une durée de trois mois, qui « vise à créer plus de confiance mutuelle ». « Dans les phases suivantes, nos experts et ceux de l’AIEA discuteront des autres questions (notamment celles) n’ayant pas une nature nucléaire directe », a déclaré M. Salehi. Saluant un accord « très important », M. Amano a toutefois souligné qu’il restait « beaucoup à faire ».

Bloquées depuis des années, les discussions ont été relancées par la politique d’ouverture vers l’Occident du nouveau président iranien Hassan Rohani. Réputé modéré, il souhaite mettre fin à dix ans de crise sur le nucléaire pour obtenir la levée des sanctions internationales qui étouffent l’économie de son pays. Mais il a répété dimanche que son pays refusait de céder ses « droits nucléaires dans le cadre des régulations internationales, ce qui inclut l’enrichissement (d’uranium) sur le sol iranien ». Signe que les différends restent profonds, le secrétaire d’État américain John Kerry a rétorqué hier qu’aucun pays n’avait « un droit établi à enrichir » de l’uranium. En visite à Abou Dhabi, M. Kerry a affirmé que l’Iran était responsable de l’absence d’accord à Genève. Selon un diplomate occidental proche du dossier, « le point de vue général du groupe des 5+1 était que plus de temps était encore nécessaire ». « Ce n’était pas juste le sentiment des Français », a-t-il ajouté, rejetant les allégations d’un blocage des négociations en raison de l’attitude intransigeante de Paris.

Un accord proche
Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, accusé d’intransigeance par la presse iranienne, a ainsi estimé hier que « nous ne sommes pas loin d’un accord avec les Iraniens, mais nous n’y sommes pas encore ».
Parallèlement, alors qu’Israël est fermement opposé à l’accord en discussion, M. Kerry a assuré qu’il protégerait au contraire l’État hébreu « d’une manière plus efficace ». L’ambassadeur américain en Israël, Dan Shapiro, a tenté également d’apaiser les craintes de l’opinion publique israélienne, assurant que Washington ne laisserait jamais Téhéran se doter de l’arme atomique. « Sur cette question cruciale, Israël et les États-Unis ont les mêmes priorités », a déclaré M. Shapiro. Le président Obama « a été on ne peut plus clair à ce sujet : il ne permettra pas à l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire et il est prêt à recourir à tout l’arsenal de notre pouvoir national », a-t-il ajouté.
« L’Iran est dans une situation économique désastreuse et il est possible d’obtenir un meilleur accord », a affirmé hier de son côté le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. « Avant d’assouplir les sanctions, nous avons besoin d’un bon accord », a-t-il insisté. Son ministre de la Défense, Moshe Yaalon, a assuré pour sa part que le programme « militaire nucléaire en Iran devait être arrêté d’une façon ou d’une autre », ajoutant « qu’Israël est prêt à se défendre par lui-même ».
Les monarchies du Golfe, dont l’Arabie saoudite où M. Kerry s’est arrêté la semaine dernière, voient également d’un mauvais œil un rapprochement avec l’Iran dont ils redoutent les ambitions régionales. Toutefois, M. Kerry a tenu à assurer au cours de la conférence de presse conjointe avec son homologue émirati, cheikh Abdallah ben Zayed, que les États-Unis « défendront leurs alliés dans la région », saluant les relations « solides et durables » avec les Émirats arabes unis.
(Sources : agences)

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