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ILERI-Défense

La Revue Défense Nationale se penche sur la dissuasion nucléaire

4 Juillet 2015 , Rédigé par ileridefense Publié dans #France

La Revue Défense Nationale se penche sur la dissuasion nucléaire

Le 04/07/15

La Revue Defense Nationale (RDN) consacre son numéro d'été au «nucléaire militaire», avec un sommaire extrêment riche, sous le direction de Philippe Wodka-Gallien. Après les auditions de la commission de la défense de l'Assemblée nationale en 2014, puis le récent colloque de la Fondation de la recherche stratégique, voici donc un nouvel ensemble qui permet de se faire une idée extrêment précise du sujet. Difficile de dire que le sujet est tabou... D'ailleurs, la RDN publie des textes très critiques à l'égard de la dissuasion, notamment du général Norlain - un texte qui avait donné lieu à une polémique - et de la sénatrice EELV Leila Aïchi.

Du sommaire très copieux de la RDN, on retiendra notamment la remarquable explication de texte du récent discours du président de la République auquel se livre Bruno Tertrais (FRS). On le sait, en matière de doctrine de la dissuasion, chaque mot compte et les textes officiels sont calibrés à la virgule près. Un exemple : «Continuité aussi sur le type d’objectifs concernés : il s’agit des centres de pouvoir de l’adversaire, ou encore (c’est une explicitation, non un changement de doctrine) des « centres névralgiques », installations particulièrement sensibles et précieuses pour les décideurs adverses. Mais contrairement à son prédécesseur, M. Hollande n’a pas dit que la dissuasion française s’adressait « en priorité » à ces centres de pouvoir. La nuance n’est pas anodine. Il est logique d’en déduire que la France a désormais renoncé à toute planification de type « démographique », c’est-à-dire ayant pour but la destruction délibérée de populations civiles». Ou encore : «En termes de transparence, la France persiste dans une tradition désormais bien établie : elle confirme qu’elle ne dispose que de trois lots de missiles balistiques pour ses SNLE, et annonce le nombre de vecteurs ASMPA (54) qu’elle possède. Ces 54 vecteurs ne sont pas des « missiles » (un vecteur ne devient un missile que lorsqu’il est doté d’une charge explosive). Le nombre d’armes nucléaires dispo- nibles pour ce pool commun destiné aux FAS (Forces aériennes stratégiques) et à la FANu (Force aéronavale nucléaire) est bien évidemment inférieur. Certains de ces vecteurs sont destinés par exemple à des essais. Cette annonce n’est pas négligeable, mais l’on peut regretter que le président de la République n’ait pas souhaité aller plus loin – alors même que son loin- tain prédécesseur François Mitterrand avait, lui, détaillé publiquement, en 1994, toutes les caractéristiques techniques des forces nucléaires françaises... Si l’on part du principe que les missiles M45 et M51.1 n’emportent pas tous six armes TN75 (ce qui avait été annoncé dès 2006), les analystes pourront en déduire que la compo- sante aérienne peut disposer d’environ un sixième du total (moins de 300 armes) de l’arsenal français.»

Le député Gwendal Rouillard, que l'on sait proche du ministre de la Défense, pose, lui, les questions auquel devra répondre la prochaine loi de programmation militaire, post-2019 : «Des choix devront être faits afin de garantir l’avenir de la dissuasion à long terme. Les études amont portant sur le remplacement du porte-avions Charles-de-Gaulle devront être entreprises. La montée en puissance probable de la défense antimissile balistique dans les vingt prochaines années pose dès aujourd’hui la question des armements de demain. La France fera-t-elle le choix d’un missile plus rapide et à plus longue allonge, s’engagera-t-elle dans la voie de l’hyper vélo- cité, quelle place sera donnée à des vecteurs dont les trajectoires ne sont plus balis- tiques ? Quelle place sera donnée aux armes électromagnétiques comme arme de dissuasion aux menaces cybernétiques ? »

Dans leurs articles, les industriels, comme DCNS ou MBDA, fournissent des données interessantes et le dossier comprend également de nombreux éclairages internationaux. L'historien Thierry Wideman s'intéresse au concept de dissuasion avant l'arme nucléaire et François Géré à «l'érosion de la stratégie française». C'est au total un remarquable travail collectif.

Le sommaire complet et la possibilité d'acheter la revue (ou les articles) sont disponibles sur le site de la RDN.

De : Jean-Dominique Merchet

Source : lopinion.fr

Relayé par P.F

La Revue Défense Nationale se penche sur la dissuasion nucléaire

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