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ILERI-Défense

L’armée de l’Air manque d’équipages pour utiliser ses drones MALE

11 Juin 2015 , Rédigé par ileridefense Publié dans #France

L’armée de l’Air manque d’équipages pour utiliser ses drones MALE

Le 11/06/15

La Loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019 prévoit de doter l’armée de l’Air de 12 drones MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) de type MQ-9 Reaper. Actuellement, trois d’entre-eux ont d’ores et déjà été livrés et sont mis en oeuvre depuis Niamey par l’escadron 1/33 Belfort au profit de l’opération Barkhane, menée dans la bande sahélo-saharienne (BSS). Trois autres exemplaires sont attendus en 2016.

« Leur utilisation assure une identification optimale des cibles et une meilleure description de l’environnement tactique, du fait de leur capacité d’observation permanente sur une zone d’intérêt donnée », a récemment expliqué le général Denis Mercier, le chef d’état-major de l’armée de l’Air (CEMAA), aux sénateurs de la commission des Affaires étrangères et de la Défense.

Lors d’une rencontre avec la presse, le 10 juin, rapporte l’AFP, le général Mercier n’a fait que des éloges au sujet de ces drones avant de mettre en avant un souci… d’effectifs.

« La disponibilité est incroyable, ils ne tombent jamais en panne (..) La difficulté c’est que comme ils volent énormément et enchaînent les missions de 24 heures, je n’ai pas assez d’équipages et nos gens tournent trop en Opex [ndlr, opérations extérieures]« , a-t-il dit. Et cela, alors que l’escadron 1/33 Belfort compte donc 3 MQ-9 Reaper et 4 Harfang de conception plus ancienne.

Les équipages sont tous issus de la filière chasse. Ainsi, pour mettre en oeuvre, par exemple, un MQ-9 Reaper, il faut un pilote ayant la qualification minimum de sous-chef de patrouille ainsi qu’un navigateur officier système d’armes (NOSA) qui a la fonction de SENSO (Sensor operator, opérateur capteurs). En outre, des spécialistes du renseignement sont tout aussi indispensables pour interpréter les informations collectées.

Aussi, pour augmenter les effectifs appelés à utiliser ces appareils, l’armée de l’Air a demandé à son homologue américain de former davantage d’équipages au cours des prochains mois. Pour rappel, les aviateurs français sont uniquement formés pour faire du « Mission Control Element ».

Une solution pourrait passer par une coopération plus approfondie avec la Royal Air Force, qui est équipée des mêmes appareils (à la différence qu’ils sont armés). Le ministre britannique de la Défense, Michael Fallon, devait évoquer ce sujet avec Jean-Yves Le Drian, son alter ego français, lors d’une rencontre la semaine passée.

Quoi qu’il en soit, le général Mercier a indiqué vouloir localiser sur la base aérienne 709 de Cognac un cockpit de MQ-9 Reaper. Mais pour cela, il faut un accord de la partie américaine. Il « sera alors possible de conduire depuis la France les opérations de drones décollant du Niger, une capacité qui devrait soulager les équipages dont le rythme de détachement en opérations extérieures est particulièrement éprouvant », a-t-il expliqué aux sénateurs.

Toutefois, un NOSA de l’escadron de chasse 2/3 Champagne avait estimé, dans le numéro d’avril du mensuel Air Fan, qu’il fallait co-localiser en un même endroit les équipages des Mirage 2000D et ceux des drones MALE pour gagner en efficacité. « Lorsque nous sommes scramblés pour porter assistance à des troupes au sol, nous prenons 5 minutes pour étudier les images en temps réel du drone s’il est également engagé au profit des TIC [ndlr, Troops in Contact, troupes au contact avec l'ennemi]. Nous pouvons nous imprégner de la situation en regardant un écran de 102×75 cm. Ces 5 minutes (…) restent très productives car, à notre arrivée sur zone, nous avons déjà pris connaissance des caractéristiques géographiques des lieux », avait-il avancé.

De : Laurent Lagneau

Source : opex360.com

Relayé par P.F

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@ Laurent Lagneau 09/08/2015 15:56

Il faut attendre combien de temps pour être embarqué? Plaisanterie à part, un drone n'a pas d'équipage !