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ILERI-Défense

Les menaces hybrides rapprochent l’Otan et l’Union européenne

17 Mai 2015 , Rédigé par ileridefense Publié dans #Europe

Les menaces hybrides rapprochent l’Otan et l’Union européenne

Le 17/05/15

Depuis l’annexion de la Crimée par la Russie, les menaces dites « hybrides » sont devenues à la mode. Pourtant, elles ne sont pas nouvelles : le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale (LBDSN) publié en 2013 les avaient abordées de façon très précise. Et cela, un an avant les événements en Ukraine et l’avancée de l’État islamique (EI) en Syrie et en Irak.

« Il existe (…) des situations intermédiaires ou transitoires, dans lesquelles nos forces devront s’adapter à l’émergence de ‘menaces hybrides’. De façon ponctuelle ou plus durable, certains adversaires de type non-étatique joindront à des modes d’action asymétriques des moyens de niveau étatique ou des capacités de haut niveau technologique, acquis ou dérobés. Ces menaces hybrides, qui peuvent relativiser (…) l’avantage technologique des pays les plus avancés, sont favorisées par la diffusion croissante des
technologies à bas coûts et la facilité avec laquelle la mondialisation permet les trafics d’armes. Les forces de certains États, placées en situation d’infériorité opérationnelle, peuvent recourir à des modes d’action asymétriques, aboutissant à une hybridation de la menace dans les conflits conventionnels. Les modes d’action de ces adversaires pourront reposer sur l’emploi simultané d’approches conventionnelles et irrégulières. Dans le cadre des opérations de gestion de crise, ils pourront aboutir à un durcissement du conflit », peut-on effet lire à la page 83 du LBDSN.

Dans le cas de la Crimée et de la tactique utilisée par la Russie, laquelle a combiné des moyens militaires classiques à des cyberattaques et à de la propagande, James Sherr, du centre de réflexion Chatham House, a expliqué que la guerre hybride est prévue « pour paralyser un État avant même qu’il ne s’en rende compte que le conflit a commencé ». Et d’ajouter : « C’est un modèle de guerre inventé pour glisser sous le seuil de perception et de réaction de l’Otan », dont plusieurs membres, en particulier les pays baltes (voire la Pologne) redoutent d’en faire les frais.

Depuis plus d’un an, maintenant, l’Otan cherche à trouver une parade à ces menaces hybrides. D’où la mise sur pied d’une force de réaction très réactive (le fer de lance), avec 5.000 hommes mobilisables à très court préavis. Et il en a été largement question lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’Alliance atlantique organisée les 13 et 14 mai à Antalya, en Turquie, et à laquelle a été conviée Federica Mogherini, Mme le Haut Représentant de l’Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité.

« Les Alliés doivent développer une coopération plus étroite avec des partenaires et des organisations comme l’Union européenne afin de mieux faire face aux défis de sécurité à l’est et au sud », a déclaré Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’Otan, à l’issue de cette réunion, dont les débats ont porté sur les incidences des actions d’une Russie décrite comme étant « imprévisible » ainsi que sur les « défis » que « représentent l’extrémisme et la violence au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ».

« A l’est (de l’Otan), nous avons une Russie plus agressive qui a utilisé la force pour modifier des frontières et intimider des voisins. Au sud, les troubles et l’extrémisme violent ont atteint des niveaux jamais vus dans les temps modernes », avait auparavant expliqué M. Stoltenberg.

Aussi, « nous avons demandé à nos équipes d’intensifier la coopération Otan-UE contre la guerre hybride afin de garantir que les stratégies que nous mettons au point sont complémentaires pour que nous puissions agir rapidement et de façon efficace si une menace de guerre hybride apparaissait contre l’un de nos membres », a indiqué l’ancien Premier ministre norvégien.

« Ce qui est extrêmement important pour nous, c’est une coordination forte à tous niveaux, et notamment en ce qui concerne le partage d’informations sur les nouvelles menaces auxquelles nous faisons face », a, de son côté, fait valoir Mme Mogherini.

De : Laurent Lagneau

Source : opex360.com

Relayé par P.F

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