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ILERI-Défense

Mexique : le chef du cartel sanguinaire des Zetas a été capturé

5 Mars 2015 , Rédigé par ileridefense Publié dans #Amérique latine

Nouveau coup de filet réussi pour les forces mexicaines de sécurité : mercredi 4 mars, Omar Treviño, chef du sanguinaire cartel des Zetas, a été arrêté dans l’Etat de Nuevo Leon, au nord-est du Mexique. La capture de celui qu’on surnomme le « Z-42 » intervient cinq jours après celle d’un autre gros narcotrafiquant, Servando Gomez, alias « la Tuta », chef du cartel des Chevaliers templiers, dans l’Etat de Michoacan (ouest). Des succès de poids pour le gouvernement, dont la lutte contre le crime organisé suscite la défiance de la majorité des Mexicains.

C’est dans une maison de San Pedro Garza Garcia, une banlieue industrielle de la ville de Monterrey, capitale du Nuevo Leon, qu’a été interpellé M. Treviño. Sa tête était mise à prix 30 millions de pesos (1,8 million d’euros) par les autorités mexicaines et 5 millions de dollars (4,5 millions d’euros) par l’Agence américaine antidrogue (DEA). Il n’y a eu aucun échange de tir lors de cette arrestation, orchestrée par les policiers épaulés par l’armée, qui marque la fin d’une fratrie mafieuse ultraviolente.

A 41 ans, le « Z-42 » avait succédé à son frère, Miguel Angel, alias le « Z-40 », après sa capture en juillet 2013 dans l’Etat de Tamaulipas (nord-est), bastion des Zetas. Nés tous deux à Nuevo Laredo ­(Tamaulipas), les frères Treviño restent les seuls civils à avoir ­dirigé le deuxième cartel le plus puissant du Mexique, après celui de Sinaloa.

Le gang des Zetas a été créé en 1997 par une trentaine de déserteurs du groupe des forces ­spéciales de l’armée mexicaine (GAFE). Ces anciens militaires ont d’abord rejoint les rangs du cartel du Golfe pour devenir des tueurs féroces au service de son chef, Osiel Cardenas, arrêté en 2003 et extradé aux Etats-Unis quatre ans plus tard. Depuis, les Zetas ont déclaré la guerre à ses successeurs pour l’acheminement de la drogue via le littoral atlantique. Leur cartel se caractérise par des franchises criminelles régionales qui signent leurs crimes d’un large « Z » griffé sur le cadavre de leurs victimes, souvent décapitées, amputées ou coupées en morceaux pour effrayer leurs adversaires.

« Des coups médiatiques »

En quelques années, les Zetas ont ainsi pris pied dans une vingtaine des 31 Etats mexicains, mais aussi en Amérique centrale et aux Etats-Unis. En plus du narcotrafic, le cartel a étendu ses activités au racket, à la piraterie, aux extorsions, au vol de carburant et aux enlèvements d’émigrés clandestins. Le « Z-42 » serait impliqué dans le massacre de 72 migrants d’Amérique centrale, dont les corps ont été retrouvés, le 25 août 2010, dans un ranch de San Fernando dans l’Etat de ­Tamaulipas. Un rapport de la DEA le décrit comme un gaillard de 1,74 m et 108 kg, « moins intelligent que son frère » mais aussi « impitoyable » et « violent » que lui.

La fratrie a pris la tête des Zetas après la mort, en octobre 2012, de Heriberto Lazcano, dit « el ­Lazca », le chef historique de l’organisation la plus violente du pays, tué par la marine mexicaine. Le « Z-40 » avait alors organisé le vol du cadavre de son mentor, ridiculisant les services de sécurité.

Des victoires retentissantes pour le président Enrique Peña Nieto, qui proclame que la plupart des 122 hommes les plus recherchés du Mexique ont été arrêtés ou tués sur ordre des autorités. Pourtant, sa popularité reste au plus bas dans les sondages depuis la disparition, fin septembre 2014, de 43 étudiants, enlevés par des policiers municipaux et des narcotrafiquants de l’Etat de Guerrero (ouest) qui les auraient assassinés, selon la version officielle. Sans compter que, selon un sondage publié le 2 mars par le quotidien Excelsior, 59 % des Mexicains rejettent la stratégie gouvernementale de lutte contre le narcotrafic alors que la guerre entre les cartels et contre le gouvernement a fait plus de 80 000 morts et 22 000 disparus depuis huit ans.

« Ces captures sont des coups médiatiques qui n’affectent pas les structures financières et politiques mafieuses », a réagi, mercredi sur les ondes de la radio MVS, Ricardo Ravelo, auteur de l’ouvrage Zetas, la franquicia criminal (« Zetas, la franchise criminelle »). Pour ce journaliste spécialiste du narcotrafic, « le gouvernement élimine des têtes mais ne s’attaque pas au business des cartels ».

Source: Lemonde

Relayé par Arturo Plaza

Mexique : le chef du cartel sanguinaire des Zetas a été capturé

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