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ILERI-Défense

Les Arabes, troisième force politique d'Israël

17 Mars 2015 , Rédigé par ileridefense Publié dans #Moyen Orient

Pour la première fois, les Arabes israéliens se présentent unis aux élections législatives du 17 mars. Ayman Odeh, un avocat arabe de 40 ans, a réussi à fédérer toutes les tendances.

A la veille des élections [législatives] générales, le leader de la Liste commune (arabe), Ayman Odeh, est optimiste. Le 26 février, l'avocat de Haïfa, peu connu et âgé de 40 ans, suscite les éloges des experts politiques pour son sang-froid devant une attaque cinglante de l'ancien ministre des Affaires étrangères et président d'Israël Beitenou [parti d'extrême droite, russophone], Avigdor Liberman, au cours d'un débat politique sur la deuxième chaîne israélienne.

"Pourquoi êtes-vous venu à ce studio et non à un studio à Gaza ?" a accusé Liberman. "Pourquoi ne vous présentez-vous pas aux élections à Ramallah plutôt qu'à la Knesset israélienne ? Pourquoi êtes-vous ici ? Vous n'êtes pas le bienvenu ici." Odeh, tassé sur son siège, souriait malgré son malaise visible. "Je suis le bienvenu dans ma patrie. Je fais partie du paysage, je fais partie de la région. Je lui ressemble. Je crois que nous devons changer notre attitude, remplacer la démagogie par le dialogue."

La position conciliante d'Odeh à la télévision n'était pas destinée à masquer la profonde crise de la société israélienne avant les élections du 17 mars, a-t-il déclaré au Times of Israel. Si le racisme à l'endroit des citoyens arabes existait en marge de la sphère politique israélienne, il imprègne désormais le discours de hauts dirigeants du pays.

"Une unité de menacés, marginalisés"

"En 1961, [le conseiller de David Ben Gourion] Uri Lubrani a affirmé qu'il voulait des Arabes comme bûcherons et porteurs d'eau, a déclaré Odeh, se référant à la soumission biblique des Gabaonites dans le livre de Josué. Mais c'était juste un fonctionnaire. Aujourd'hui, ce n'est pas Lubrani, c'est le Premier ministre qui dit que le vrai danger pour l'Etat d'Israël n'est pas les Arabes dans les Territoires [occupés, Cisjordanie],mais les Arabes résidant en Israël. C'est [Avigdor] Liberman, un ministre influent, qui veut dépouiller certains citoyens arabes de leur citoyenneté."

Deux blocs – l'un composé du parti Hadash [communiste et extrême gauche judéo-arabe] d'Odeh et de Ta'al [nationaliste arabe] d'Ahmad Tibi, et l'autre du nationaliste Balad et du Mouvement islamique – ont finalement décidé d'unir leurs forces en raison de la pression populaire [et afin de franchir le seuil électoral élevé par la loi de 2 % à 3,25 % en mars dernier pour avoir un élu]. "Nous [les Arabes] nous sentons menacés. C'est une unité de menacés, marginalisés", dit-il.

Les plus récents sondages donnent à la Liste commune (arabe) 13 sièges aux élections, ce qui en ferait la troisième plus grande faction au Parlement après l'Union sioniste et le Likoud. Selon l'analyse d'Odeh, cela ferait certainement de lui le chef de l'opposition.

Des milliards aux colonies

"Je crois que si Herzog ou Nétanyahou sont chargés de former le gouvernement, ils seront tous deux dirigeants d'un gouvernement d'union nationale. Cela signifie que nous mènerons l'opposition, qui est un podium extrêmement important. Chaque invité étranger qui visite le pays, y compris les chefs d'Etat, rencontre le chef de l'opposition. C'est une occasion pour nous de soumettre nos problèmes, les problèmes de la population arabe", dit-il.

Un succès encore plus important serait que la liste majoritairement arabe d'Odeh entre au gouvernement, pour la première fois dans l'histoire israélienne. Mais il affirme que les conditions ne sont pas encore mûres pour cela. "Nous voulons la création d'un Etat palestinien dans les frontières de 1967 aux côtés de l'Etat d'Israël, dit-il. Ce nouveau gouvernement consacrerait une partie de son budget à la soi-disant sécurité, donnant des milliards aux colonies au lieu de l'éducation, la santé et le bien-être, en particulier dans le secteur arabe. Il entrerait en guerre avec le peuple palestinien, et démolirait nos maisons à l'intérieur d'Israël. Ainsi, ni l'ordre du jour, ni les objectifs budgétaires, ni la conduite de tout gouvernement ne nous permettraient d'en faire partie."

Odeh croit avec force en une coopération judéo-arabe sur les questions sociales et, dans un discours lors de la récente Conférence de la démocratie de Ha'Aretz, il a exprimé sa déception sur l'incapacité de son parti à attirer plus de membres et sympathisants juifs.

Un plan gagnant-gagnant

Source: Courrier International (France)

URL: http://www.courrierinternational.com/article/2015/03/16/les-arabes-troisieme-force-politique-d-israel

Relayé par : Sanaa ALAHYAN

Le 14 mars, dans le quartier de Jaffa, à Tel-Aviv, Ayman Odeh en campagne électorale -AFP/Ahmad Gharbali.

Le 14 mars, dans le quartier de Jaffa, à Tel-Aviv, Ayman Odeh en campagne électorale -AFP/Ahmad Gharbali.

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