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ILERI-Défense

La CIA accusée d’avoir tué un chef du Hezbollah à Damas en 2008

3 Février 2015 , Rédigé par ileridefense Publié dans #Proche-Orient- Moyen-Orient- Monde Arabe

La CIA accusée d’avoir tué un chef du Hezbollah à Damas en 2008

La CIA serait impliquée dans l’assassinat de l’ancien chef militaire du Hezbollah libanais Imad Moughniyeh, affirme le Washington Post. Mort en 2008 à Damas, il aurait été tué lors d’une opération menée conjointement par les Américains et les services secrets israéliens, selon le quotidien américain, qui dit tenir ses informations de plusieurs sources anonymes ayant travaillé au sein de la CIA.

"25 bombes" auraient été testées

Imad Moughniyeh, figure du mouvement chiite libanais, bête noire des Etats-Unis et d’Israël, rentrait du restaurant de nuit à pied dans la rue lorsqu’il a été tué sur le coup dans l’explosion d’un 4x4 piégé. La bombe aurait été actionnée à distance par des agents du Mossad en communication avec des agents sur le terrain.

Selon un ancien officier de la CIA cité par le Washington Post, les Etats-Unis auraient aidé à fabriquer cette bombe. L’engin aurait même été testé à plusieurs reprises dans un bâtiment de la CIA en Caroline du Nord pour s’assurer qu’il n’entraînerait pas de dommages collatéraux. "Nous avons fait exploser au moins 25 bombes pour vérifier que c’était la bonne", a assuré cet ex-agent de la CIA aux journalistes du Washington Post.

Cette opération aurait ainsi été menée en violation du droit américain et international, dès lors que les Etats-Unis n’étaient pas en guerre avec la Syrie. Ce qui expliquerait, selon le Washington Post, pourquoi les Américains ne se risquent pas à donner officiellement des détails sur cette opération.

Sur la liste des terroristes les plus recherchés

Le porte-parole du département d'Etat américain à l'époque, Sean McCormack, avait déclaré que "le monde est meilleur sans cet homme sur Terre", ajoutant que M. Moughniyeh "était un tueur de sang-froid", et que "d'une certaine manière, il a été traduit en justice". De son côté, Israël avait démenti toute implication dans cet assassinat.

Imad Moughniyeh, homme clé des opérations militaires du Hezbollah et de l'action secrète du mouvement, était sur la liste des terroristes les plus recherchés du FBI et 42 autres pays. Enveloppé d’un halo de mystère et de toute-puissance, il a longtemps déjoué la traque d’Israël et des Etats-Unis. Les deux alliés lui attribuent une longue série d’actes terroristes, à commencer par les attentats dévastateurs de 1983, à Beyrouth, contre l’ambassade américaine (63 morts) et contre le quartier général des contingents américains et français de l’ONU (près de 300 morts).

En 1985, Imad Moughniyeh avait fait aussi parler de lui, à l'occasion du détournement sur Beyrouth d'un vol de la TWA, au cours duquel un marine américain fut tué. On avait aussi retrouvé sa trace dans les prises d'otages occidentaux au Liban. L'Argentine l'accuse d'être le cerveau des attentats qui ont visé, à Buenos Aires, l'ambassade d'Israël en 1992 et un centre culturel juif en 1994.

Il a été sinon le chef, pour le moins l'un des principaux chefs des opérations militaires lors de la guerre qui a opposé son parti à Israël à l'été 2006. Il aurait également été le cerveau d'autres attentats, dont celui qui avait visé une installation militaire américaine à Khobar, en Arabie saoudite. Imad Moughniyeh aurait enfin été lié à une affaire de contrebande d'armes chargées dans un cargo, le Karine A, destinées selon Israël aux Palestiniens et qui avait été intercepté par l'armée israélienne dans la mer Rouge.

Révélations après la mort d'un fils de M. Moughniyeh

En 2011 le chef du parti chiite Hassan Nasrallah avait déjà dû reconnaître qu’elle avait été infiltrée par la CIA, tout en niant que les agents présumés aient une quelconque relation avec l'assassinat en 2008 à Damas d'Imad Moughniyeh.

Hasard du calendrier, ces révélations interviennent quelques jours après la mort d’un des fils d’Imad, Jihad Moughniyeh, dans une attaque israélienne dans la partie syrienne du plateau du Golan. Ce dernier, qui avait repris le flambeau de son père et avait été nommé à la tête de la division du Hezbollah sur le Golan syrien, a été tué avec d’autres miliciens libanais, ce qui a relancé la tension entre Israël et le mouvement chiite moins de dix ans après leur dernière confrontation en 2006.

Source : Le Monde (France)

http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2015/02/01/la-cia-accusee-davoir-tue-un-chef-du-hezbollah-a-damas-en-2008/

Relayé par ARC

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