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ILERI-Défense

Au Mexique, pendant les fêtes, la violence continue

4 Janvier 2015 , Rédigé par ileridefense Publié dans #Amérique latine

Plus de trois mois après la disparition des quarante-trois étudiants d'Ayotzinapa, l'actualité reste rythmée par des faits divers qui alimentent un ras-le-bol général face à l'élite politique.

Plus de trois mois après la disparition des quarante-trois étudiants d'Ayotzinapa, le 26 septembre, quatre-vingt personnes ont été arrêtées, dont quarante policiers, ainsi que l'ex-maire d'Iguala. Le travail de la justice mexicaine est toutefois escorté de doutes et le Mexique ne tourne pas encore la page, même si, début décembre, le président Enrique Peña Nieto (PRI) a prié ses compatriotes de se «remettre» de la disparition des normaliens et «de passer à une nouvelle étape». Pendant les fêtes, les manifestations continuent, pour «Ayotzinapa», mais aussi car le Mexique continue de vivre un quotidien marqué par les assassinats, les disparitions et la corruption de ses élites.

Depuis la disparition des futurs professeurs, de nombreux reportages ont décrit la réalité de l'Etat du Guerrero, une zone parmi les plus pauvres du pays, où règnent les cartels comme l'impunité, et où divers fosses où reposaient des restes humains ont été découvertes lors des recherches effectuées pour retrouver les étudiants, mais aussi d'autres disparus de la région. Une terrible réalité qu'un simple déploiement de la police fédérale ne peut changer, d'autant qu'un reportage de l'hebdomadaire d'investigation Proceso, publié le 13 décembre, a impliqué la police fédérale et l'armée dans la tragique nuit d'Iguala.

Dans le Guerrero, difficile de «passer à une nouvelle étape». A Acapulco, grande station balnéaire de l'état, une vague d'enlèvements et de menaces a ainsi conduit, le 11 décembre, à la fermeture pour le reste du semestre de 190 établissements scolaires. Une décision qui touche plus de 31.000 élèves. Les délinquants exigeaient notamment des professeurs qu'ils leur remettent leurs étrennes, sous peine d'être kidnappés.

Toujours dans l'Etat du Guerrero, le curé de Ciudad Altamirano, Gregorio López Gorostieta, a été retrouvé mort, le 23 décembre, dans un fossé d'un village voisin, des traces de torture sur le corps. Selon les enquêteurs, il avait été kidnappé, la veille, par un commando armé. Enrique Peña Nieto, président du deuxième pays catholique de la planète, n'a pas encore réagi. Au moment d'Iguala, il avait déjà couru derrière l'indignation internationale en réagissant deux semaines après les faits.

«La justice s'applique aux pauvres, aux prostituées et aux idiots»

Altamirano est situé dans la région de la Tierra Caliente, à cheval sur les Etats du Guerrero, de Michoacan et de Mexico. Une zone ensanglantée par la lutte que s'y livrent les cartels pour le contrôle de la production et du transport de la drogue.

Selon le curé d'Apatzingan (Michoacan), le «padre Goyo» avait évoqué Ayotzinapa dans son homélie dominicale et s'en était pris au cartel Guerreros Unidos, celui à qui est imputé la disparition des normaliens en complicité avec la police municipale. Ses assassins seront-ils retrouvés? Rien n'est moins sûr. Au Mexique, 98% des meurtres restent non élucidés, selon un rapport publié en 2012. Ce qui permet de comprendre comment on peut penser faire disparaître 43 étudiants, sans risquer de passer devant un tribunal.

Témoins de l'absence de crédibilité du système judiciaire, les parents des normaliens refusent toujours de croire la version des autorités, selon laquelle les étudiants ont été brûlés dans une décharge et leurs restes jetés dans une rivière. Seuls les restes d'un étudiant ont pu être identifiés. «Au Mexique, la justice s'applique aux pauvres, aux prostituées et aux idiots», expliquait, le 18 décembre, l'analyste mexicain de Televisa Alfonso Zárate, également professeur de sociologie politique pour la London School of Economics and Political Science.

Zárate se référait alors au blanchiment par la justice, le 16 décembre, de Raul Salinas, frère de l'ex-président mexicain Carlos Salinas de Gortari (1988-1994), proche d'Enrique Peña Nieto, après dix-huit années de procédure. Il était notamment accusé d'avoir touché de manière illégale 226 millions de pesos (12 millions d'euros), détournés de la «cagnotte secrète» du gouvernement.

Source: slate.fr

Relayé par : Arturo Plaza

Au Mexique, pendant les fêtes, la violence continue

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