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ILERI-Défense

Télé-conférence d'Edouard Snowden avec Amnesty International

13 Décembre 2014 , Rédigé par ileridefense Publié dans #France

Le lanceur d'alerte s'est exprimé mercredi au cours d'une conférence d'Amnesty International à Paris, en téléconférence depuis Moscou.

Très discret au début de son exil en Russie, Edward Snowden veut désormais faire entendre sa voix. Après avoir participé - en téléconférence - à plusieurs événements américains et européens, le lanceur d'alerte participe mercredi, à distance, au rendez-vous de la branche française d'Amnesty International, "Dix jours pour signer"contre les violations des droits de l'homme. Pour sa première (télé)intervention publique en France, l'ancien employé des agences de renseignements américaines (dont la toute-puissante NSA) s'exprime sur la "surveillance des données et [le] respect de la vie privée", depuis Moscou, où il a obtenu l'asile.

Au lendemain de la publication par le Sénat américain d'un rapport accablant sur la pratique de la torture au sein de la CIA, Edward Snowden a dénoncé "des crimes inexcusables". "J'ai travaillé à la CIA. L'enquête du Sénat est extraordinaire, et j'ai été profondément attristé de la découvrir", a-t-il dit. "La torture ne peut pas être justifiée sur la base des législations internationales, et pourtant, nous avons essayé de passer outre les principes établis à la suite des procès de Nuremberg", a-t-il expliqué. "Si les États-Unis permettent à leurs représentants de torturer des gens et de ne pas rendre des comptes, qu'est-ce que cela signifie pour les États beaucoup plus totalitaires ? Qu'est-ce que cela signifie pour l'avenir de notre propre société ?" s'est-il interrogé.

"La situation a empiré"

"Nous avons vu des gens perdre la vie à la suite de leur détention et des mauvais traitements de la CIA, et leurs tortionnaires ont reçu une prime de plusieurs milliers de dollars : nous devons les rendre responsables de ce qu'ils ont fait", a-t-il exigé. "Si nous justifions la torture, qu'est-ce qui reste injustifiable ? Un jour, le gouvernement pourrait dire que le viol est productif pour contrer la baisse du taux de natalité", s'est-il exclamé.

Interrogé sur la situation dans l'Hexagone, Edward Snowden a refusé de "donner un scoop", car "c'est le rôle de la presse, à qui (il a) donné les informations". Toutefois, "la surveillance de masse se produit dans tous les pays qui peuvent avoir des moyens de renseignement. En France, Orange fournit des données sur ses clients à la DGSE par exemple", a-t-il assuré, rappelant l'enquête publiée par Le Monde.

"Dans de nombreux pays du monde occidental, la situation a empiré, mais au cours de la décennie à venir, il va y avoir une critique de ces systèmes, les gens ne vont plus accepter que tout ce qu'ils font soit surveillé", a-t-il prédit. "Le problème est que nous inventons et que nous mettons en place des systèmes qui surveillent toute une population, plutôt que des suspects", a-t-il expliqué. Les agences "ne peuvent pas être opérationnelles aujourd'hui sans intercepter les communications de tout le monde". Pourtant, "il ne faut pas appliquer des techniques de guerre à une société en temps de paix !" s'est-il insurgé, dénonçant les coûts des programmes de surveillance. "Nous pourrions utiliser toutes ces ressources pour des objectifs plus responsables." D'autant plus que les lois et les programmes antiterroristes "n'ont jamais empêché une attaque terroriste", selon lui.

Toujours pas d'asile en France

Sur sa vie personnelle, le lanceur d'alerte n'a pas donné beaucoup d'information. "Je prends le métro comme tout le monde", a-t-il ironisé, en reconnaissant qu'il "aimerait beaucoup rentrer chez (lui) aux États-Unis".

En avril et en juin derniers, Edward Snowden avait été entendu en vidéoconférence par des députés de l'Assemblée parlementaire du conseil de l'Europe, une organisation paneuropéenne basée à Strasbourg. Ces deux interventions étaient toutefois restées plus confidentielles, et fermées au grand public. Plusieurs voix se sont élevées en Europe et notamment en France, afin que l'asile soit accordé au lanceur d'alerte, pour le remercier d'avoir dévoilé l'ampleur de la surveillance américaine dans le monde, particulièrement dirigée contre l'Union européenne. Mais le gouvernement s'y est toujours fermement opposé, pour protéger ses relations avec Washington, mais aussi parce que des méthodes similaires sont utilisées à plus petite échelle par les services de renseignements français, dont notamment la DGSE, en partenariat avec la NSA.

Par GUERRIC PONCET

Le Point ( France)

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/guerric-poncet/en-direct-la-teleconference-d-edward-snowden-avec-amnesty-10-12-2014-1888576_506.php

Relayé par : V.M

Télé-conférence d'Edouard Snowden avec Amnesty International

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