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ILERI-Défense

Libération de Serge Lazarevic: "Pour Aqmi, les otages ont une valeur marchande"

10 Décembre 2014 , Rédigé par ileridefense Publié dans #Afrique, #France

Détenu par Aqmi depuis plus de trois ans, Serge Lazarevic a été libéré. Il s'agissait du dernier otage français. L'analyse d'Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement à la DGSE.

Le dernier otage français, Serge Lazarevic, est libre. Moins d'un mois après la publication d'une vidéo d'Al-Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi) le montrant très affaibli, le gouvernement a annoncé la libération de cet homme d'affaires, enlevé au Mali en novembre 2011. "La France n'a plus aucun otage, dans aucun pays dans le monde", s'est réjoui François Hollande ce mardi. Après trois ans de détention dans le désert du Sahel, l'homme d'affaires franco-serbe devrait être "rapidement rapatrié", a poursuivi le président. L'analyse d'Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement à la DGSE [service de renseignement extérieur, ndlr].

Comment expliquer que Serge Lazarevic n'ait pas connu le même destin que les otages récemment décapités?

Serge Lazarevic était aux mains d'Aqmi, qui n'a pas fait allégeance à l'Etat islamique. Or, les stratégies de ces deux groupes terroristes sont radicalement différentes. Aqmi relève du grand banditisme. Les otages ont une valeur marchande: ils sont vus comme une source de financement, au même titre que le trafic de drogue. D'où l'importance de les garder en vie, parfois plusieurs années. L'Etat islamique, au contraire, n'a pas besoin de ressources. Ce groupe terroriste est dans une logique de guerre avec pour objectif de contrôler un territoire. L'exécution d'un otage est une riposte face à la coalition.

Philippe Verdon, qui a été enlevé avec Serge Lazarevic, a pourtant été retrouvé mort, abattu d'une balle dans la tête...

Certains otages décèdent pendant des opérations ou de maladie. La mort de Philippe Verdon ou bien des journalistes de RFI est vu comme un "dommage collatéral" et non comme un but en soi par Aqmi. Découpés en morceaux, les otages n'ont plus aucune valeur financière.

A combien s'est négociée sa libération?

Je n'en sais rien. Mais une chose est sûre, en 15 ans, le prix des otages a explosé. Au début des années 2000, les ravisseurs demandaient environ 100 000 dollars par tête. Pour ceux d'Areva, il se murmure qu'Aqmi réclamait 30 millions d'euros par otage. Même s'ils n'ont, semble-t-il, pas obtenu cette somme, cela donne une idée de la base des négociations. D'autant que dans le cas de Serge Lazarevic, il s'agissait du dernier otage encore détenu: les ravisseurs ont peut-être essayé de faire monter les enchères, ce qui pourrait avoir ralenti les négociations.

Y a-t-il eu un échange de prisonniers?

Je n'ai pas d'informations sur le sujet.

La guerre au Mali a-t-elle pu ralentir les négociations ?

Non, cela n'a pas forcément eu d'impact. Les négociations prennent du temps car pour chaque affaire, il faut d'abord trouver le bon intermédiaire: une personne qui a les bons contacts et qui connaît parfaitement la région. Il s'agit souvent d'un homme d'affaires qui a un pied dans les deux camps. Ensuite seulement commencent les négociations.

Par Caroline Politi

Source : L'Express

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/liberation-de-serge-lazarevic-pour-aqmi-les-otages-ont-une-valeur-marchande_1630686.html

Article relayé par Alizée Pellen

Libération de Serge Lazarevic: "Pour Aqmi, les otages ont une valeur marchande"

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