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ILERI-Défense

Dans la tête de Raul Castro

24 Décembre 2014 , Rédigé par ileridefense Publié dans #Amérique latine

Il avait toujours vécu dans l'ombre de Fidel. Les négociations secrètes avec Washington pour mettre fin à la "guerre froide tropicale" ont révélé publiquement, pour la première fois, son habileté politique. Que veut le maître de La Havane? Il y a loin du dégel à la démocratie...

Fidel ne savait rien. En le tenant à l'écart des négociations avec Washington -qui ont duré un an et demi et nécessité neuf rencontres secrètes au Canada et au Vatican-, Raul Castro a "tué" le frère. Lui qui, toute sa vie, a obéi à son aîné de cinq ans, qui s'est placé en position de subordination par rapport à lui dès la tendre enfance et qui, devenu n°2 du régime, n'a jamais pris la moindre initiative sans le consulter, a, pour la première fois, à l'âge de 83 ans, ignoré l'avis de celui qui fut son maître, son mentor, son père de substitution.

"Il faudra attendre la mort de Fidel pour que Raul puisse exprimer son point de vue, prédisait, dans une interview à L'Express voilà quelques années, Brian Latell, ancien analyste de la CIA et auteur de la seule biographie consacrée au successeur du Lider Maximo. Libéré de cette tutelle psychologique, il sera alors, pour la première fois de son existence, le seul maître à bord."

Nous y sommes : physiquement très diminué, grand absent du tournant historique pris par La Havane et Washington la semaine dernière, Fidel Castro, 88 ans, est politiquement mort. Président de la République depuis 2008 et Premier secrétaire général du Parti communiste depuis 2011, Raul peut maintenant appliquer le programme économique qu'il souhaite mettre en oeuvre depuis de nombreuses années.

L'architecte de tout ce qui fonctionne à Cuba

Car, si Fidel Castro, porté sur l'idéologie et les questions de politique internationale, n'a jamais tenu compte de la rationalité économique, le très méthodique Raul, ancien ministre de la Défense pendant quarante-neuf ans, est l'architecte de tout ce qui fonctionne à Cuba, à commencer par l'institution militaire, laquelle contrôle presque toute l'économie.

Favorable aux réformes économiques depuis l'effondrement de l'Union soviétique et le tarissement des subventions afférentes, Raul Castro avait initié, à l'époque, des tentatives de privatisation. Avant le IVe congrès du PCC en octobre 1991, la population tenait même pour acquises la légalisation du petit commerce et la libéralisation des marchés agricoles. Mais, quelques jours avant le congrès, Fidel Castro annihila cet espoir dans un discours incendiaire.

Le 26 juillet 2007, moins d'un an après l'hospitalisation de son frère aîné (en juillet 2006), le n°2 du régime, devenu "chef d'Etat par intérim", prononce un discours retentissant : il est nécessaire, affirme-t-il, de procéder à des changements économiques "conceptuels et structurels." Car, selon lui, les Etats-Unis ne peuvent être tenus pour les seuls responsables des malheurs de l'île. En 2010, il est encore plus cinglant : "Soit nous changeons, soit nous coulons !" ("O rectificamos, o nos hundimos!"), assène-t-il devant l'Assemblée nationale, peu habituée à l'autocritique.

En fait, Raul veut tout simplement mettre en place une version tropicale du modèle chinois. Introduire une dose de capitalisme permettrait, selon lui, de résoudre les problèmes les plus urgents de la population : logement, alimentation et transports.

Source: l'express.fr

Relayé par: L.C

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