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ILERI-Défense

Barack Obama gêné par le soutien du Congrès à Kiev

16 Décembre 2014 , Rédigé par ileridefense Publié dans #Amérique du Nord, #Russie-CEI

Barack Obama gêné par le soutien du Congrès à Kiev
Le vote d'un «Acte de soutien à la liberté de l'Ukraine», accordant la livraison d'armes à Kiev et appelant à amplifier les sanctions contre la Russie, place le président américain dans l'embarras. Moscou dénonce des sentiments antirusses et se dit prêt à riposter.

Pour la 17e fois depuis un an, le secrétaire d'État, John Kerry, et le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, se sont retrouvés ce dimanche pour des pourparlers bilatéraux. Cette rencontre, tenue à Rome, était censée se concentrer sur le Moyen-Orient et ses tourments. Mais le brûlant dossier ukrainien s'est invité à la rencontre avec le vote à l'unanimité des deux Chambres du Congrès d'un texte intitulé «Acte de soutien à la liberté de l'Ukraine», qui appelle à de nouvelles sanctions contre la Russie et surtout, pour la première fois, à des livraisons d'armes à Kiev.

Ce texte, qui a été confirmé par un ultime passage au Sénat, samedi soir, revêt pour l'instant une signification seulement symbolique, puisqu'il ne peut être mis en œuvre que si le président Obama décide de le promulguer. Mais il met à la fois la pression sur Moscou et sur la Maison-Blanche, qui a jusqu'ici soigneusement refusé d'envisager des livraisons d'armes létales à l'Ukraine.

La loi a d'ailleurs immédiatement suscité l'ire de la diplomatie russe, qui a menacé de contre-attaquer. «Il n'y a aucun doute que nous ne pourrions pas laisser sans réponses de nouvelles sanctions», a réagi le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, cité par l'agence de presse Interfax, dénonçant les «décisions inacceptables» et les «sentiments antirusses» qui ont, selon lui, guidé le vote.

Kiev, qui cherche désespérément depuis des mois à convaincre ses alliés occidentaux de lui vendre des armes pour faire face à l'offensive de déstabilisation orchestrée dans l'est de l'Ukraine par Moscou, a en revanche qualifié le texte d'«historique», alors que le gouvernement s'apprête à appeler sous les drapeaux deux fois plus de conscrits en 2015 qu'avant le début de la crise. Le texte a toutefois été amendé in extremis et ne désigne plus l'Ukraine, la Moldavie et la Géorgie comme des «alliés majeurs non membres de l'Otan», comme ces États l'auraient souhaité, une omission qui doit sans doute beaucoup à l'action en coulisses de l'Administration américaine. «Nous allons continuer à faire pression, il est honteux et scandaleux que nous ne leur ayons pas envoyé d'armes pour se défendre», a dit le sénateur républicain John McCain, partisan de la fermeté, dont le rôle est appelé à grandir de manière substantielle à partir de janvier, date à laquelle il deviendra le puissant patron du comité du Sénat pour les forces armées.

Le président Obama a désormais le choix entre promulguer la loi ou lui opposer son veto. La Maison-Blanche n'a pas dévoilé clairement ses intentions, mais Obama a récemment qualifié de «contre-productive» l'imposition de nouvelles sanctions sans consultations avec l'Union européenne. La présidence ne semble pas avoir plus d'appétit pour des livraisons d'armes, susceptibles selon elle de susciter une escalade avec la Russie à laquelle elle n'est absolument pas prête.

Cette pression du Congrès pourrait-elle cependant aider la Maison-Blanche à tordre le bras de Moscou, en lui signifiant que les choses pourraient se corser sans toutefois passer à l'acte? La menace de nouvelles sanctions américaines survient alors que l'économie russe, plombée par l'effondrement du prix du pétrole et les sanctions, traverse, quoi qu'en dise Vladimir Poutine, une vraie zone de tempête. Mais il est clair aussi que, jusqu'ici, Poutine - qui a parié, avec justesse, sur une réponse timorée de l'Europe et de l'Amérique - est toujours resté maître du jeu, affirmant sa volonté de faire respecter les accords de Minsk et le cessez-le-feu tout en attisant le feu séparatiste. Sur le terrain, les combats continuent, malgré une nouvelle trêve annoncée mardi dernier.

Par Laure Mandeville

Article tiré de Le Figaro.fr (France)

http://www.lefigaro.fr/international/2014/12/14/01003-20141214ARTFIG00150-obama-gene-par-le-soutien-du-congres-a-kiev.php

Article relayé par A.L.

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