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ILERI-Défense

Pékin avance ses pions en mer de Chine méridionale

24 Novembre 2014 , Rédigé par ileridefense Publié dans #Asie

Pékin avance ses pions en mer de Chine méridionale

La Chine est en train de construire une piste d'atterrissage sur le récif de Fiery Cross (Yongshu en chinois), dans l'archipel disputé des Spratleys en mer de Chine méridionale. Cette information, rapportée le 20 novembre par la société d'études de défense britannique IHS Jane's Defence, peut paraître secondaire. C'est pourtant un épisode significatif de « l'expansionnisme chinois » dénoncé par les pays voisins, comme le Vietnam.

L'ensemble des îles, îlots et récifs de l'archipel des Spratleys, n'occupent qu'un territoire de 5 kilomètres carrés, dispersées sur une superficie de 410 000 kilomètres carrés. Pourtant, c'est une zone de vives tensions internationales. Une étude du Centre d'études supérieures de la marine française (CESM) souligne que ces îles « sont considérées comme un des points chauds du monde, une zone probable de conflit, (même si elles) sont peu connues du grand public. »

  • De quoi s'agit-il ?

Les travaux ont débuté il y a trois mois sur l'un des plus grands récifs des Spratleys. L'île mesure 3 kilomètres de long et 200 à 300 mètres de large, selon IHS Jane's Defence. « C'est le quatrième projet de ce genre lancé par la Chine dans les îles Spratleys au cours des douze à dix-huit derniers mois et c'est de loin le plus ambitieux », précise l'article, qui s'appuie sur des images satellites prises en août et en novembre. Les navires qui réalisent les opérations de dragage créent également « un port à l'est de la barrière de corail qui semble être assez grand pour recevoir des pétroliers et des grands navires militaires de surface ».

Pour la Chine, ce chantier « est complètement légitime et justifié », a assuré lundi 24 novembre le général Luo Yuan, de l'Armée populaire de libération, au quotidien Globale Times. Pékin revendique en effet des droits historiques sur l'archipel des Spratleys, comme le détaille l'étude du CESM :

Difficile de dire qui a été le premier à s'aventurer dans cette zone. Car la Chine n'est pas seule à émettre des revendications sur les Spratleys. Taīwan, les Philippines, la Malaisie, Brunei et le Vietnam se disputent avec Pékin la souveraineté sur cet archipel.

  • Pourquoi de telles revendications ?

La Mer de Chine méridionale, voie de passage entre l'Asie orientale, l'océan Indien et l'Europe, est un axe stratégique pour le commerce mondial dont dépend beaucoup l'économie chinoise. La quasi-totalité (90 %) du commerce extérieur de la Chine et un tiers du commerce mondial traversent cette région.

Mais la possession par un Etat de territoires, même minuscules, justifie ses prérogatives sur une certaine étendue d'eaux territoriales et de Zone économique exclusive (ZEE). La Chine, qui dispose actuellement d'une ZEE de 880 000 km² convoite les 3,5 millions de km² de la mer de Chine méridionale. De plus, l'archipel des Spratleys dispose d'abondantes ressources naturelles : des réserves de guano évaluées à plusieurs millions de tonnes, des produits marins variés et d'importantes réserves d'hydrocarbures.

L'intérêt est enfin stratégique : « Ceci est particulièrement vrai pour la Chine. Il n'est que de constater comment la Chine augmente ses capacités sous-marines dans la région, notamment en créant une base de sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) dans le port naval de Sanya, au sud de l'île de Hainan », explique le CESM.

Source : Le Monde

Relayé par : Alix Carlier

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