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ILERI-Défense

Le Yémen englué dans une crise politique, sur fond de combats entre sunnites et chiites

16 Novembre 2014 , Rédigé par ileridefense Publié dans #Proche-Orient- Moyen-Orient- Monde Arabe

Près de trois ans après le renversement d'Ali Abdallah Saleh, à la tête du Yémen pendant trente-trois ans, le pays est en proie à une crise politique, sur fond de violences meurtrières. La situation est devenue critique à la fin de septembre, lorsque les houthistes du Nord, qui se sont récemment donné le nom d'Ansarullah, ont pris la capitale, Sanaa, profitant de faible autorité exercée sur le pays par la présidence d'Abd-Rabbou Mansour Hadi. Ces rebelles de confession zaïdite, une branche minoritaire de l'islam chiite qui a dominé le pays politiquement pendant près d'un millénaire, avaient largement participé à la contestation populaire ayant conduit à la destitution de M. Saleh. Mais depuis, ce dernier semble s'être allié à ces anciens ennemis et encourage le mouvement de rébellion chiite à prendre davantage de pouvoir.

Dans une tentative d'accalmie, gouvernement et rebelles ont signé le 21 septembre, sous l'égide de l'ONU, un accord de paix prévoyant le retrait des rebelles et la formation d'un nouveau gouvernement. Resté lettre morte un mois et demi durant, il s'est finalement concrétisé le 7 novembre, avec l'annonce d'un nouveau gouvernement, composé de 36 membres.

Mais, dès lendemain, l'ex-président Saleh et les rebelles chiites l'ont rejeté, exigeant qu'il soit remanié pour évincer des ministres jugés incompétents ou corrompus. Le parti dirigé par M. Saleh, le Congrès populaire général (CPG), a également demandé à ses ministres de se retirer du gouvernement, affirmant n'avoir pas été consulté sur la formation de ce cabinet. Finalement, 30 des 36 membres du gouvernement, dont certains appartenant au CPG, ou des proches de la rébellion d'Ansaruallah, ont prêté serment dimanche. Sur les six ministres absents, trois se trouvaient à l'étranger et trois se sont rétractés, selon le premier ministre. Le CPG a en revanche exclu de sa direction le chef de l'Etat yéménite, qui occupait les postes de vice-président et de secrétaire général du parti. Son président, M. Saleh, accuse en effet M. Hadi de complicité dans les sanctions décidées à son encontre vendredi dernier par l'ONU pour ses activités compromettant la paix au Yémen. ATTENTATS EN SÉRIE La montée de la rébellion chiite a également provoqué un regain d'affrontements meurtriers entre sunnites et chiites. La prise de territoires traditionnellement sunnites par les rebelles d'Ansarullah a provoqué la colère de tribus sunnites, qui ont pris les armes, et surtout celle d'Al-Qaida. Ces derniers jours, les attentats se sont multipliés. Mercredi, des dizaines de personnes ont été tuées dans une attaque antichiite à Rada, une ville du centre du Yémen. Et vendredi, au moins 15 personnes, dont 5 femmes, ont été tuées dans le bombardement d'un quartier sunnite par les rebelles chiites, encore à Rada, selon des responsables locaux. De leur côté, l'armée yéménite et le gouvernement américain poursuivent leur lutte contre Al-Qaida. Le mois dernier, ils ont frappé à l'aide d'un drone des positions tenues par des tribus sunnites et des membres présumés d'Al-Qaida, tuant plus d'une dizaine de combattants. Au début de novembre, plusieurs attaques auraient causé la mort de dizaines de membres présumés d'Al-Qaida dans la péninsule Arabique, branche du réseau djihadiste très active au Yémen.

Source : http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/11/14/le-yemen-englue-dans-une-crise-politique-sur-fond-de-combats-entre-sunnites-et-chiites_4523876_3218.html

Relaye par Armand Taï

Le Yémen englué dans une crise politique, sur fond de combats entre sunnites et chiites

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