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ILERI-Défense

"Serve As Reservist"

31 Octobre 2014 , Rédigé par ileridefense Publié dans #Réserve, #Europe

©British Army

©British Army

Le 01/11/14

Face à une réduction drastique de 7,5 % de leur budget de Défense, les britanniques prennent des mesures innovantes et radicales : les réservistes constitueront bientôt 27 % des effectifs de la British Army.

En 2010, les effectifs de l’armée de Terre britannique s’élevaient à 102 260 et ceux de la réserve volontaire (Territorial Army) à 24 100. À la suite de larges coupes dans son budget pour la période 2010-2014, l’armée a institué le plan « Army 2020 » qui réduit le nombre de son personnel d’active à 82 000. La Territorial Army, elle, est abolie, mais les réserves doivent atteindre 30 000 personnes, plus 8000 en formation, qui seront pleinement intégrées à l’armée d’active. Un exemple parmi d’autres : un détachement de 200 Irish Guards (les fameux gardes de Sa Majesté) vient de partir à Chypre pour un séjour de six mois, dans le cadre des forces de l’ONU. En son sein, une section de 50 réservistes, avec son propre encadrement, pleinement intégré à l’unité d’active. Dorénavant, les réservistes effectueront une moyenne de 40 jours d’entrainement par an. Une année sur cinq, ils auront de fortes chances de servir dans l’armée d’active, dont éventuellement six mois outre-mer ou en opération extérieure.

COMPÉTENCES

« Ce sont des choix économiques faits par le gouvernement, insiste le général Sir Peter Wall, chef d’état-major des armées britanniques. Nous n’entreprenons pas ces réformes parce que les menaces contre les intérêts britanniques dans le monde auraient diminué. Il n’y a pas beaucoup de sens à ce que nous ayons des capacités immenses avec les coûts en personnels afférents, si nous ne les utilisons qu’une fois par décennie. »

Répondant à ceux qui doutent de l’efficacité d’une armée composée de plus d’un quart de réservistes, le général Wall a déclaré au magazine mensuel Soldier, qu’une « mixité entre «regulars » et réservistes apportera à l’armée, les compétences du personnel hautement qualifié qu’elle n’aurait pas autrement. » Le général Wall a précisé que, dans les premiers temps d’un large déploiement opérationnel, du type Irak ou Afghanistan, les réservistes ne composeront qu’environ 10 % de la force engagée. « Si nous nous trouvions dans des opérations prolongées, le chiffre pourrait monter à 25 %, parce que beaucoup des fonctions de soutien seraient mises entre les mains des réservistes et même de contractors civils », a-t-il ajouté. Le général Wall a également abordé le rôle des femmes dans le nouveau modèle d’armée. Parmi elles, le lieutenant Claire Jackson, productrice de télévision dans le civil, tout juste revenue d’un séjour de six mois en Afghanistan, où elle a exercé le métier d’officier d’images. « Je fais partie du Media Operations Group dans la réserve, explique-t-elle. C’est une unité composée entièrement de personnes qui, dans le civil, sont des directeurs de production, de télévision, des opérateurs caméra, des spécialistes en relations publiques, etc. Chacun apporte son savoir-faire et nous effectuons des week-ends d’entrainement en Grande-Bretagne. Au bout de 18 mois dans l’unité, j’ai été envoyée en Afghanistan comme chef d’une Combat Camera Team, dont les deux autres membres étaient un photographe et un caméraman, tous deux sergents d’active. L’armée m’a fixé des défis que je n’avais jamais connus avant, dans ma carrière. C’était un autre monde et mes proches ont remarqué combien j’avais gagné en confiance. Mes employeurs sont ravis des qualités de leader et d’organisation que l’armée m’a inculquées et que j’utilise dans mon travail aujourd’hui. »

ADN

Une des clés du succès de la réforme, selon le colonel Richard Lyne, chef du bureau de la nouvelle mouture des réserves à l’état-major, réside dans les relations avec les employeurs.

« Aux petites et moyennes entreprises qui emploient un réserviste, nous offrons une prime de £ 500 par mois (640€) durant les périodes de mobilisation de celui-ci. Et 150 € par jour de participation au salaire du nouvel employé qui remplace le réserviste en son absence », détaille-t-il. Les grandes entreprises ne reçoivent pas de primes, mais l’Army mène auprès d’elles une campagne intense sur le recrutement de réservistes, notamment sur le gain en compétences et en qualifications acquises dans ses rangs. « Mais nous devons nous-mêmes être sérieux vis-à-vis des entreprises. Quand nos réservistes partent effectuer des périodes d’entrainement de seize jours, ils doivent être de retour sans faute le jour prévu dans l’entreprise qui les emploie », précise le colonel Lyne.
En dehors des primes d’engagement, les missions extérieures sont une grande motivation d’engagement. L’an dernier, des réservistes se sont entrainés aux Etats-Unis, en Espagne, au Danemark, au Kenya, en Croatie et en Allemagne. « Mais le volontariat pour la réserve est inscrit dans l’ADN de ce pays depuis avant 1914, nuance le colonel Lyne. Les recruteurs rapportent régulièrement que des gens se présentent pour servir, et sont tout surpris d’apprendre qu’ils seront payés ! »

De Bernard Edinger

Source : Terre Information Magazine, le mensuel d'information et de liaison de l'armée de Terre.

N°258 Octobre 2014

Relayé par P.F

©British Army

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