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ILERI-Défense

Le Canada se joindra à la mission de combat contre le groupe l’«État islamique» en Irak

4 Octobre 2014 , Rédigé par ileridefense Publié dans #Amérique du Nord, #Moyen Orient

Des CF-18 de l'armée de l'air canadienne.

Des CF-18 de l'armée de l'air canadienne.

De 45enord.ca

Le 3 octobre 2014

Stephen Harper ouvre la voie à l’envoi d’avions de chasse et d’avions de ravitaillement pour participer aux frappes aériennes menées par les pays de la coalition internationale assemblée par les États-Unis contre les cibles du groupe armé État islamique, en Irak seulement pour l’instant, tout en entrouvrant la porte à des frappes en Syrie.

En déposant aujourd’hui une motion pour autoriser une mission de combat, le Premier ministre Harper a rappelé qu’outre les atrocités commises par le groupe l’État islamique, ce groupe ultra-violent a ciblé les Canadien et demandé à ses fidèles de les attaquer où qu’ils soient, soulignant qu’on ne devrait pas se sentir en sécurité.

Le gouvernement dépose donc aujourd’hui une motion à la Chambres des Communes pour «fournir des ressources militaires canadiennes dans la cadre de la lutte contre l’EIIL [le groupe l'État islamique, ndlr] et contre les terroristes associés à l’EIIL, y compris une capacité de frappes aériennes pour une période pouvant atteindre 6 mois».

La motion précise toutefois, comme le gouvernement l’avait déjà laissé savoir, que «le gouvernement du Canada ne déploiera pas de militaires dans le cadre de combat terrestres»

Il va sans dire que, la période de six mois terminée, elle pourrait être prolongée.

Concrètement, Les militaires prévus pour remplacer les équipages de la force opérationnelle aérienne (FOA) canadienne arrivée à Šiauliai en Lituanie le 26 août dans le cadre des mesures de réassurance de l’OTAN envers les pays alliés pourraient être plutôt déployés pour la mission de combat contre les djihadistes, le déploiement de ceux qui sont actuellement en Lituanie étant alors prolongé jusqu’à la fin de la mission de police aérienne du Canada en Europe début janvier.

Répondant à l’opposition, le gouvernement conservateur s’est aussi engagé à poursuivre et renforcer son aide humanitaire aux nombreux réfugiés qui ont fui leurs domiciles en raison des attaques menées par les djihadistes de l’EI.

Encore hier, un rapport de l’ONU faisait état d’un nombre «terrifiant», de violations des droits de l’homme et de violences à caractère confessionnel commis par le groupe ultra-violent l’État islamique et des groupes armés associés sur une période de neuf semaines.

En outre, Stephen Harper a aussi indiqué lors du dépôt de la motion que son gouvernement comptait renforcer les mesures contre les terroristes ici au pays, particulièrement les ressortissants canadiens qui pourraient revenir au pays après avoir participé à des activités terroristes à l.étranger.

Le Canada se joint à ses alliés

Déjà, au Moyen Orient, une cinquantaine de pays contribue à des degrés divers à la coalition menée par les États-Unis contre les djihadistes de l’État islamique.

Les Américains ont commencé les frappes en Irak le 8 août dernier, rejoint par la France, puis le Royaume uni. De plus, les .États-Unis effectuent également des frappes en Syrie de façon quasi-continu depuis le 23 septembre avec l.aide de cinq pays arabes qui se sont joints à la coalition, le Royaume de Bahreïn, le Royaume hachémite de Jordanie, le Royaume d’Arabie Saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis.

Le Canada, lui, avait déjà déployé depuis la mi-août un Hercules CC-130J et un CC-177 Globemaster de l’Aviation royale du Canada et leur équipage pour aider à l’envoi de ressources militaires essentielles aux alliés qui apportent leur contribution aux forces kurdes qui combattent l’EIIL.

De plus, à la mi-septembre, le gouvernement avait autorisé le déploiement de 69 militaires canadiens en Irak pour conseiller les forces de sécurité irakiennes en plus de’effectif d’environ 100 membres des Forces armées canadiennes de la Force opérationnelle aérienne du Canada pour l’Irak déjà en place.

Le Canada avait déjà indiqué alors qu’il était prêt à faire davantage, a souligné le Premier ministre Harper en déposant la mission pour autoriser une mission de combat aujourd’hui.

En outre, le Canada continuera à fournir son assistance comme avant, poursuivant le déploiement des avions qui apportent aide et munitions aux combattants kurdes et prolongeant de six mois la mission des conseillers.

Cette mission, qui n’en était pas une de combat et devait se terminer demain samedi 4 octobre, sera donc elle aussi prolongée de 6 mois.

Les objectifs de la mission

Les objectifs de la mission de combat canadienne seront, a aussi précisé le Premier ministre, de réduire de façon importante les capacités à mener des actions militaires d’ampleur et d’avoir des bases dans la région.

Les frappes devraient aussi diminuer la capacité du groupe islamiste radical à mener des actions à l’extérieur.

Stephen Harper a aussi admis que l’action militaire n’éradiquera pas l’«État islamique» mais, dit-il, faisant valoir que cette action diminuera plutôt un conflit dans la région qui devenait de plus en plus dangereux, donnant le temps de trouver d’autres solutions.

Par ailleurs, «Nous allons attaquer l’État islamique uniquement là ou le Canada a le soutien clair du gouvernement de ce pays», a dit le chef du gouvernement canadien, expliquant qu’il ne voulait faire la guerre ;a aucun gouvernement de la région, mais ajoutant toutefois que, si cela devenait possible, il étendrait les frappes à la Syrie.

L’opposition refuse d’appuyer la motion

L’opposition, qui talonnait le gouvernement Harper depuis plusieurs semaines pour connaître tous les détails de l’engagement du Canada, refuse d’appuyer et refuse la motion conservatrice.

L’opposition officielle néo-démocrate préconise davantage l’envoi d’aide humanitaire aux réfugiés et aux populations éprouvées par la guerre.

Mais il y a quelques jours, en réponse à une question de la député néo-démocrate Hlélène Laverdiaire, qui pressait le gouvernement conservateur de privilégier l’humanitaire, le ministre des Affaires étrangères, John Baird avait lui aussi souligné qu’on ne pouvait répondre à la grave menace du groupe l’État islamique uniquement par l’action humanitaire.

Le NPD a exprimé en outre sa réticence à participer à une mission de combat qui n’est ni sous l’égide de l’OTAN, ni sous celle des Nations unies, mais le Premier ministre avait quant à lui souligné à plusieurs reprises souligné au cours des derniers jours que le Canada ne pouvait se contenter d’un simple rôle de spectateur alors que les milices du groupe l’État islamique continuaient à commettre leurs atrocités.

Le chef libéral Justin Trudeau quant à lui a expliqué qu’il n’était pas convaincu de la pertinence d’envoyer des avions de chasse CF-18 pour lutter contre les combattants de l’EI. Il considère que le Canada pourrait se rendre plus utile en apportant de l’aide aux centaines de milliers de réfugiés qui, fuyant le conflit, affluent notamment vers la Turquie.

Le chef libéral, dont on ne savait pas jusqu’ici quelle serait la position, a donc finalement annoncé ce matin qu’il n’appuiera non plus la motion du gouvernement «d’aller en guerre».

Mais on passe à l’action

Mais le gouvernement a conclu au contraire qu’il devait participer aux combats contre le groupe armé État islamique (ÉI), non seulement en solidarité avec ses alliés, mais « pour assurer la sécurité de notre pays contre la menace terroriste » en matière de politique intérieure, selon les mots du ministre de la Sécurité publique.

Le gouvernement conservateur s’attend maintenant «à ce qu’un débat et un vote aient lieu lundi» à ce sujet, «Il y aura un vote de confiance sur la question la semaine prochaine», a dit de son côté le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney.

Un débat qui sera toutefois limité à cinq heures et, bien sûr, un vote déjà acquis au gouvernement qui dispose de la majorité des sièges à la Chambre.

La coalition engagée en Irak, et pour certains pays en Syrie, s’était déjà renforcée vendredi avec l’envoi par l’Australie d’avions de combats et de 200 militaires. La Belgique, le Danemark, la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni mènent également des frappes aériennes contre le groupe l’État islamique aux côtés des États-Unis et de cinq alliés arabes — Jordanie, Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Qatar et Bahreïn.

C’est donc maintenant une certitude, le Canada contribuera donc maintenant de façon directe, de concert avec les autres autres pays, à la lutte contre ce groupe armé ultra-radical et ultra violent qui, après s’être emparé de pans entiers du territoire irakien dans une offensive fulgurante en juin dernier, avait proclamé sur les territoires qu’il contrôlait en Irak et en Syrie un «califat» islamique où il exigeait l’obéissance absolue de tous les musulmans et fait régner depuis la terreur, persécutant les minorités, violant et assassinant.

D’ici là, le gouvernement canadien a déjà précisé davantage dans une note d’information les détails du déploiement (avions, personnels, objectifs) pour cette mission.

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