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ILERI-Défense

La disponibilité des matériels militaires reste trop faible

3 Octobre 2014 , Rédigé par ileridefense Publié dans #France, #Armement

Le 03/10/14

De Jean-Dominique Merchet, lopinion.fr

«La faible disponibilité des aéronefs demeure un sujet important de préoccupation» pointe la Cour des comptes dans un nouveau rapport sur le maintien en condition opérationnelle (MCO) des matériels militaires. En voici les principales conclusions :

Aéronefs:

«Les taux de disponibilité observés pour les aéronefs en 2013 rappellent ceux observés dans le précédent rapport public de la Cour (en 2004) : la disponibilité des matériels majeurs de l’armée de l’air était passée de 65 % en 1997 à 56 % en 2000. Après un net redressement et une disponibilité du parc aérien de la défense qui a atteint en 2005 63,5 %, la dégradation a repris et touche les trois armées, tant pour les matériels récents que pour les matériels anciens (Souligné par ce blog)

En 2013, le taux de disponibilité des aréonefs était de 41% dans l'armée de l'air, 38% dans la marine et 41% dans l'armée de terre. Cela signifie que moins de la moitié du parc est réellement disponible.

«Le taux de disponibilité des avions de transport C130 de l’armée de l’air n’est que de 39 % au premier semestre 2013, celui du Super Étendard n’atteint que 31 % en 2012, tandis que celui de l’hélicoptère Tigre est de seulement 22 % en 2013. Cette dernière situation, qui affecte un matériel très récent, s’explique à la fois par le fort engagement de ces appareils en opérations où ils ont parfois subi de graves dommages, par les longues durées d’immobilisation chez les industriels, deux fois plus longues que prévues, sans que des pénalités de retard soient facturées, et par un volume insuffisant de pièces de rechange, à la suite des arbitrages budgétaires de 2009 qui ont conduit à financer des pièces de rechange pour seulement 20 appareils alors que 45 sont en service.»

«Les objectifs d’heures de vols des pilotes ne peuvent pas être tenus. L’objectif pour la chasse est de 180 heures de vols, la réalisation 2012 est de 169 heures. Les situations les plus critiques sont observées pour les pilotes de transport (265 heures réalisées en 2012 pour un objectif de 400) et dans une moindre mesure pour les pilotes d’hélicoptères de l’armée de terre (165 heures réalisées en 2012 pour un objectif de 200). Dans un contexte de fort engagement opérationnel, cette situation peut créer des difficultés pour la formation des jeunes pilotes.»

Bateaux :

«La disponibilité de la flotte a été redressée, même si les objectifs de nombre de jours à la mer ne sont pas atteints». En 2012, la disponibilité du porte-avions a été de 46%, celle des sous-marins nucléaires d'attaque 60%, des frégates 60% et des bâtiments amphibies 49%. «Malgré cette amélioration, les objectifs visant à tenir 100 jours de mer pour l’ensemble des bâtiments et 110 pour les bâtiments de plus de 1 000 tonnes ne sont pas atteints. Les données 2012 font apparaître 89 jours de mer pour l’ensemble de la flotte et 98 jours pour les bâtiments de plus de 1 000 tonnes. »

Matériels terrestres:

«La disponibilité technique des matériels terrestres anciens reste insuffisante, tandis que celle des matériels récents est satisfaisante» Voici la disponibilité des matériels majeurs au sein du parc de service permanent : Chars Leclerc 67%, AMX 10RC 55%, VBCI 80%, VAB 62%, Caesar 79%.

«Si la gestion en pool des matériels à travers la politique d’emploi et de gestion des parcs (PEGP) a pu garantir une disponibilité supérieure à 90 % pour les opérations extérieures et une disponibilité suffisante dans les parcs d’entraînement, les résultats obtenus dans les parcs de service permanents (PSP) des régiments sont contrastés en fonction du type de matériel : la très bonne disponibilité des nouveaux matériels comme le véhicule de combat d’infanterie (VBCI) et le camion équipé de système d’artillerie (CAESAR) voisine avec la disponibilité plus faible des parcs vieillissants qui, malgré les efforts de redressement accomplis, se dégrade par rapport à 2000. Cette situation contrastée risque de perdurer dans la mesure où les priorités de court terme (la disponibilité en opérations extérieures, dans le parc d’entraînement et dans les PSP) prennent nécessairement le pas sur les priorités de moyen terme (la réparation des engins du parc de gestion, pourtant indispensables au fonctionnement de la PEGP, et où les engins de retour d’opérations extérieures nécessitent souvent des actions de maintenance lourdes».

La disponibilité des matériels militaires reste trop faible

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