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ILERI-Défense

La Bundeswehr n'a pas les moyens de ses ambitions

10 Septembre 2014 , Rédigé par ileridefense Publié dans #Europe

La Bundeswehr n'a pas les moyens de ses ambitions

Le 10/09/14

De lefigaro.fr, David Philippot

Pour Henning Otte (CDU) «la crise en Crimée a rendu la situation géopolitique plus instable. Nous devons nous adapter aux nouvelles menaces et cela passe obligatoirement par une hausse du budget de la Défense».

L'Allemagne livre gilets pare-balles et grenades aux Kurdes, veut envoyer 150 hommes dans les pays Baltes et participe à 18 opérations extérieures, de l'Afghanistan aux côtes somaliennes, en passant par la Turquie. Mais la Bundeswehr peine à suivre le rythme de ces engagements et le gouvernement se déchire sur une hausse des dépenses militaires. Pour Henning Otte, spécialiste de ces questions à la CDU, «la crise en Crimée a rendu la situation géopolitique plus instable. Nous devons nous adapter aux nouvelles menaces et cela passe obligatoirement par une hausse du budget de la Défense». «Sept milliards d'euros par an d'investissements», calcule son collègue Florian Hahn (CSU). En pleine restructuration après l'arrêt de la conscription, la Bundeswehr est pourtant invitée à suivre le chemin inverse. De 32,8 milliards d'euros cette année, son budget est prévu à 32,1 en 2016. La première économie d'Europe, avec 1,3 % de son PIB pour la Défense, est bien loin de l'objectif de 2 % du PIB fixé par l'Otan. L'objectif d'Angela Merkel est un budget équilibré en 2015, «le premier depuis 45 ans». Comme le rapporte Der Spiegel, l'ex-ministre des Affaires étrangères Joschka Fischer a lâché ce commentaire: «Ça n'est pas avec un budget à l'équilibre qu'on va impressionner Poutine.» Toute demande de crédits supplémentaires est donc taboue.

«Dépenser mieux»

Pourtant, pour Berlin, «l'indifférence n'est plus une option», comme le soulignait en début d'année Ursula Von der Leyen. La ministre de la Défense voulait marquer la rupture avec la doctrine de neutralité du précédent gouvernement, symbolisée par le fiasco du veto allemand contre la guerre en Libye au Conseil de sécurité. Mais voilà, l'intendance ne suit pas. Un document de l'armée de l'air dresse un état des lieux catastrophique: sur les 109 Eurofighter de la Luftwaffe, seuls 8, épargnés par les pannes et le manque de pièces détachées, sont en état de voler. Sur 33 hélicoptères de transport NH90 et 56 avions Transall, seuls 5 hélicos et 21 avions sont opérationnels. Le Parti social-démocrate pousse aussi aux économies: «Il ne faut pas dépenser plus, mais dépenser mieux.» Un débat qui illustre la schizophrénie sur le sujet: 58 % des Allemands veulent plus d'engagements extérieurs, mais 58 % refusent le déploiement de soldats à l'Est ou la livraison d'armes aux Kurdes.

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