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ILERI-Défense

L'ONU ouvre une enquête sur l'offensive israélienne à Gaza

24 Juillet 2014 , Rédigé par ileridefense

L'ONU ouvre une enquête sur l'offensive israélienne à Gaza

La haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Navi Pillay, soupçonne Israël de possibles crimes de guerre à Gaza. Elle dénonce aussi les attaques aveugles menées par le Hamas dans des zones civiles israéliennes.

"Tous ces morts et ces civils mutilés devraient peser très lourd sur nos consciences. Je sais qu'ils pèsent lourd sur la mienne". L'intervention de la haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Navi Pillay, a marqué les esprits, mercredi 23 juillet à Genève, lors d'une réunion d'urgence du Conseil au sujet de l'offensive à Gaza. Fait rare, la fonctionnaire y évoque également un aveu de faiblesse de la part de sa commission : "Tous nos efforts pour les [les civils] protéger ont été d'horribles échecs. Des organisations plus puissantes, comme le Conseil de sécurité, et les États ayant des moyens de pression sur chacune des parties de cet interminable et affreux conflit, doivent faire bien plus que ce qu'ils ont fait jusqu'à présent pour terminer ce conflit une fois pour toutes."

Au delà de son discours très personnel, Navy Pillay a surtout haussé le ton pour dénoncer les éventuels manquements aux droits de l'Homme commis parIsraël et le mouvement islamiste Hamas. "Il y a une forte possibilité pour que le droit international humanitaire ait été violé, d'une manière qui pourrait constituer des crimes de guerre", a-t-elle affirmé. Au16e jour de l'offensive, le bilan s'élève à plus de 670 morts du côté palestinien et 34 côté israélien.



Résolution votée contre Israël

Le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a d'ailleurs voté en fin de journée pour que soit ouverte une enquête sur l'offensive israélienne. La haute commissaire avait plaidé en ce sens, en prenant soin de citer plusieurs cas de destruction de maisons et de civils tués. "Respecter la vie des civils, et notamment les enfants, devrait être la première priorité, a-t-elle asséné. Ne pas se soumettre à ces principes peut mener à des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité."

Avec 29 voix pour, 17 abstention (dont la France) et un contre (les États-Unis), les 47 États membres du Conseil ont adopté une résolution, déposée par les autorités palestiniennes, suite aux opérations militaires menées par Tsahal. Le texte condamne "les violations généralisées, systématiques et flagrantes des droits de l'Homme et des libertés fondamentales" et demande par ailleurs de placer les Palestiniens sous "protection internationale immédiate".

L'ONU estime qu'environ un tiers des victimes civiles palestiniennes du conflit sont des enfants de moins de 18 ans. Pour autant, l'État hébreu a rejeté ces accusations et accusé le Hamas de se servir de civils comme boucliers humains.

Navi Pillay n'a pas non plus épargné le mouvement islamiste, soulignant qu'"une fois de plus, les principes de distinction et de précaution ne sont pas clairement respectés durant les attaques sans discernement menées contre des zones civiles par le Hamas et d'autres groupes palestiniens armés". Mais le Hamas n'est visé par aucune enquête.

Mechaal pose ses conditions à la trêve

Alors que les appels internationaux à un cessez-le-feu se multiplient, le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal, a réitéré mercredi soir ses conditions : il a avant tout exigé la levée du blocus imposé depuis 2006 à la bande de Gaza, mais aussi l'ouverture de la frontière avec l'Égypte et la libération par Israël des prisonniers.

"Que l'on s'accorde sur la réalisation de nos revendications, puis on décidera de l'heure d'un cessez-le-feu", a-t-il martelé lors d'une conférence de presse à Doha. Khaled Mechaal a également lancé un appel à la communauté internationale et aux ONG pour "venir au secours de Gaza et de ne pas attendre la fin de la guerre". Pour cela, "j'appelle aujourd'hui à l'ouverture des points de passage pour permettre l'entrée des convois de secours" dans Gaza qui a besoin de "carburant, de vivres et d'électricité". Il s'est par ailleurs dit favorable à une "trêve humanitaire" pour "l'évacuation des blessés et l'aide apportée à la population".

Un cessez-le-feu humanitaire de quelques heures a eu lieu ce mercredi dans deux zones de la bande de Gaza. Ce calme provisoire a permis, pour la première fois en 24 heures, aux ambulanciers d'accéder aux zones pillonées, a pu constater l'envoyé spécial de FRANCE 24 à Gaza, Matthieu Mabin. "Ils ont retrouvé plusieurs survivants, des enfants, des femmes et des personnes âgées qui étaient prisonniers des décombres depuis plusieurs heures, raconte-t-il tout en précisant qu'ils n'ont pas eu le temps de récupérer les corps car les combats ont repris rapidement.

source: France 24 avec AFP et Reuters

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