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ILERI-Défense

Philippines: après 40 ans de guérilla, la rébellion musulmane signe un accord de paix

28 Mars 2014 , Rédigé par ileridefense Publié dans #Asie

Le 28/03/14

De 45enord.ca

Le président des Philippines et le dirigeant du principal mouvement séparatiste musulman ont signé jeudi à Manille un accord de paix historique qui doit mettre fin à 40 ans de guérilla, mais doit encore faire face à de nombreux obstacles politiques, judiciaires et pratiques avant d’entrer en vigueur.

La cérémonie officielle de signature aujourd’hui est l’aboutissement de longs mois de négociations entre le mouvement rebelle et les représentants du gouvernement, sous l’impulsion du président Benigno Aquino.

En décembre dernier, les négociateurs du gouvernement et le Front moro islamique de libération (MILF), avait signé un accord de partage du pouvoir qui ouvrait la voie à l’accord de paix final auquel ils sont enfin parvenu aujourd’hui et qui doit mettre fin la fin de l’insurrection des rebelles musulmans dans le sud qui, depuis 1970, a fait quelque 150.000 morts.

En septembre dernier, des rebelles indépendantiste d’un autre groupe avaient assiégé quatre jours Zamboanga, une ville du sud de l’archipel, sur l’Île de Mindanao, région pauvre et musulmane dans un pays largement catholique.

Le MILF a pour sa part maintenant promis de déposer les armes, en échange de la création d’une région autonome dans le sud de l’archipel.

«Cet accord détaillé sur (la région) Bangsamoro couronne notre combat», a déclaré Mourad Ebrahim, le chef du Front moro islamique de libération (MILF) [Bangsamoro désigne un territoire musulman dans cette région du monde, ndlr].

«Nous avons à présent devant nous un chemin qui peut mener à un changement permanent sur l’île musulmane de Mindanao», a déclaré pour sa part le président Aquino lors de cette cérémonie, devant un millier de personnes.

le Canada, qui s’était avec la communauté internationale porté au secours des Philippines après le passage dévastateur du typhon en novembre 2013, a pour sa part salué la signature du traité de paix.

«Après des décennies de conflit et plus de 20 années de négociations, ce moment historique ouvre la voie à une paix durable, à la stabilité, au développement et à une prospérité économique à long terme pour la population du sud des Philippines, en plus de profiter à tous les Philippins», a déclaré le ministre canadien des Affaires étrangères John Baird aujourd’hui, ajoutant que «Le Canada est fier d’avoir appuyé l’élaboration du traité en contribuant aux travaux de la Commission indépendante sur le maintien de l’ordre du gouvernement des Philippines».

Mais il y a loin de la coupe aux lèvres

Les cinq millions de musulmans philippins (sur une population proche de 100 millions) considèrent le Sud comme leur terre ancestrale, depuis l’arrivée de marchands venus d’Arabie au 13e siècle. Le MILF a mené la lutte pour l’indépendance, avant d’accepter au final la création d’une région autonome.

L’accord prévoit que la région autonome, qui comprendra 10% du territoire philippin, disposera de sa propre police, d’un parlement régional et du pouvoir de lever les impôts. La défense restera une prérogative du gouvernement central.

Les dirigeants du MILF, toujours selon cet accord, seront à la tête d’une autorité provisoire sur la région, avant la tenue d’élections régionales en 2016. Le pouvoir sera laïque.

Mais les Philippins ne sont pas encore au bout de leur peine et plusieurs obstacles politiques et judiciaires se dressent devant cet accord de paix.

D’autres groupes de guérilla, dont les Combattants islamiques pour la liberté de Bangsamoro (BIFF), pourraient chercher à faire dérailler les accords en lançant des attaques dans le sud.

«Nous continuerons de nous battre contre le gouvernement car nous voulons l’indépendance et rien d’autre», a déclaré Abou Missry Mama, porte-parole du groupe, cité par l’Agence France-Presse.

De plus, pour que l’accord entre en application, le Congrès doit aussi voter une «loi fondamentale» alors des responsables politiques catholiques du Sud, opposés à cet accord de paix, qui pourrait les marginaliser, chercheront sans doute à repousser cette loi au parlement.

Les opposants déposeront aussi un recours devant la Cour suprême. Un précédent accord, en 2008, avait été invalidé par les juges qui estimaient inconstitutionnel de placer ainsi sous le contrôle du MILF de larges portions du territoire national.

La rébellion du Front moro islamique de libération dans leur campement, à Sultan Kudarat sur l’île de Mindanao, aux Philippines, le 27 mars 2014 (Ted Aljibe/AFP)

La rébellion du Front moro islamique de libération dans leur campement, à Sultan Kudarat sur l’île de Mindanao, aux Philippines, le 27 mars 2014 (Ted Aljibe/AFP)

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