Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
ILERI-Défense

A Saint-Nazaire, le "Mistral" russe fait sa première sortie à la mer ce soir...

5 Mars 2014 , Rédigé par ileridefense Publié dans #France, #Russie-CEI

Le 05/03/14

De Jean-Dominique Merchet

Incroyable hasard de calendrier. Alors que les diplomates se réunissent à Paris pour tenter de désamorcer la crise avec la Russie autour de l'Ukraine, le futur porte-hélicoptères Vladivostok, construit aux chantiers navals de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) pour la marine russe, doit faire ce soir sa première sortie à la mer.

Pendant la guerre (froide) les affaires (rentables) continuent et l'on comprend mieux pourquoi Laurent Fabius se garde bien d'annoncer la suspension de la coopération militaire avec Moscou.

Le Vladivostok est un BPC (Bâtiment de projection et de commandement) de la classe Mistral. La Marine nationale en possède trois, le Mistral, le Tonnerre et le Dixmude. Ce sont de gros bateaux de 20.000 tonnes qui sont un peu les outils à tout faire des crises actuelles. Capables de mettre en oeuvre des hélicoptères, comme ceux qui attaquaient la Libye en 2011, de débarquer des troupes grâce à leurs capacités amphibies, ils peuvent transporter aussi des troupes et du matériel, accueillir des civils, servir d'hopital pour des missions humanitaires ou assurer, depuis la mer, le commandement d'opérations.

La Russie en a commandé deux à la France, en 2011, pour un somme totale d'1,2 milliards d'euros. L'acquisition de deux autres est en option. Le contrat avec DCNS permet à la Russie d'apprendre à construire de tels navires, ce que ces chantiers navals sont aujourd'hui incapables de faire. Le premier est à 80% français et 20% russe, le deuxième à 60% français et 40% russe et ces proportions s'inverseraient pour les deux suivants si le contrat est finalement signé. La décision ne devrait être prise par Moscou qu'au terme d'une année après la mise en service du premier dans sa marine. La livraison du Vladivostok est prévue en octobre prochain.

Le Vladivostok est construit par STX, les chantiers navals de Saint-Nazaire. Les essais à la mer qui commencent aujourd'hui seront conduits par des marins de la marine marchande. Les premiers militaires russes arriveront à la fin du mois et 400 d'entre eux sont attendus à Saint-Nazaire pour l'été. Ils logeront à bord d'un bâtiment militaire russe, le Smolny.

Le deuxième BPC s'appellera le... Sébastopol. Il est lui aussi en cours de construction à Saint-Nazaire. Une fois livrés à la Flotte russe et après des essais en Baltique, les deux BPC devraient être basés en extrême-orient dans le port de Vladivostok.

Ces deux BPC ne sont pas des copies exactement conformes à la version française. Les spécialistes distinguent quelques petites différences de structures sur la passerelle supérieure ou la porte du radier, ainsi qu'une adaptation plus poussée aux mers froides. Le bâtiment est livré avec son système électronique, SENIT 9, le nec plus ultra du savoir-faire naval français, sans doute en version légèrement dégradée pour des raisons de sécurité. Il est également équipé du radar MRR-3D-NG de Thalès, mais pas système tactique et de renseignement SIC-21, compatible avec l'Otan et trop sensible pour être livré à la Russie. L'armement (défensif et léger) du bord sera de fabrication russe et installé plus tard.

La signature de ce contrat avait suscité de vives protestations dans des pays traditionnellement hostiles à la Russie comme la Suède, la Pologne, les pays baltes ou la Géorgie. L'Otan et les Américains s'en étaient également inquiétés. Conclu par Nicolas Sarkozy, ce contrat n'a pas été remis en cause par François Hollande.

Réédité par Pierre Ferrebeuf.

(Merci à Bernard Prezelin pour les photos et les infos)
(Merci à Bernard Prezelin pour les photos et les infos)

(Merci à Bernard Prezelin pour les photos et les infos)

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article