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ILERI-Défense

Les Etats-Unis et l'Iran ont des ennemis communs

9 Janvier 2014 , Rédigé par ileridefense Publié dans #Proche-Orient- Moyen-Orient- Monde Arabe

Les Etats-Unis et l'Iran ont des ennemis communs

Alors que les Etats-Unis et l'Iran poursuivent leurs négociations sur le programme nucléaire de Téhéran, ils se retrouvent du même côté sur plusieurs questions régionales liées à l'agitation qui touche l'ensemble du Moyen-Orient.

Les deux gouvernements, aux intérêts souvent contradictoires, sont amenés à se rapprocher du fait de leur opposition commune aux jeunes combattants sunnites qui, avec leurs pick-up et leurs kalachnikovs, brandissent le drapeau noir d'Al-Qaida le long des lignes de fracture religieuses en Syrie, au Liban, en Irak, en Afghanistan et au Yémen.

Réticents à intervenir dans des conflits sanglants et indécis, les Etats-Unis voient leur influence régionale décliner, alors que l'Irak, qui leur a coûté 1 000 milliards de dollars et plus de 4 000 morts, est de plus en plus instable.

L'Iran, où les chiites sont majoritaires et qui sert de point focal à cette minorité dans la région, a aussi des raisons de s'inquiéter : l'armée hétéroclite des miliciens sunnites menace la Syrie et l'Irak, deux alliés importants, tandis que les Etats-Unis retirent leurs troupes d'Afghanistan.

Le 30 décembre, l'Iran a proposé de se joindre aux Etats-Unis pour fournir une aide militaire au gouvernement chiite irakien, engagé dans des combats de rue contre des militants sunnites radicaux dans la province d'Al-Anbar. Le 5 janvier, le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a déclaré qu'il envisageait une forme de participation de l'Iran à la prochaine conférence de paix sur la Syrie, même si cette rencontre est supposée traiter de la Syrie après la démission du président Bachar El-Assad, un des principaux alliés de Téhéran. [John Kerry a proposé à l'Iran de participer "en marge", option rejetée par Téhéran. La question est toujours en discussion à ce jour.]

"L'ennemi de mon ennemi est mon ami"

Pour certains, l'attitude iranienne reflète le pragmatisme du nouveau président, Hassan Rohani, et de son ministre des Affaires étrangères Mohammed Javad Zarif. Pour d'autres, il s'agit d'artifices visant à amadouer et à satisfaire l'Occident, pendant que Téhéran poursuit son programme nucléaire et soutient ses propres djihadistes dans toute la région.

Pourtant, même les Iraniens qui ne font pas partie des réformistes admettent que les deux pays ont des intérêts communs. "Il est clair que nous avons de plus en plus de points d'entente avec les Américains", concède par exemple Aziz Shahmohammadi, ancien conseiller du Conseil suprême de la sécurité nationale.

Alors que l'Iran est un îlot de stabilité dans une région embourbée dans les insurrections violentes, les luttes sectaires et les attentats-suicides, les experts affirment que Washington n'a pas vraiment le choix. "Nous sommes confrontés au même ennemi, et l'ennemi de mon ennemi est mon ami", explique Mashallah Shamsolvaezin, journaliste iranien réformiste.

Les hauts responsables américains soulignent qu'ils se concentrent en priorité sur les négociations relatives au nucléaire. La coopération sur d'autres sujets dépend largement d'un accord sur le programme iranien, déclarent-ils.

Un dégel critiqué des deux côtés

Le dégel a commencé il y a presque un an. Au printemps 2013, une série de pourparlers secrets à Oman et à Genève ont posé les fondements d'une reprise des relations, interrompues il y a trente ans, lorsque des étudiants iraniens avaient pris des diplomates américains en otage en pleine révolution islamique à Téhéran.

En septembre, un accord a été conclu pour détruire les armes chimiques syriennes. Le mérite en a été attribué au président russe, Vladimir Poutine, mais il a été pleinement soutenu et en partie élaboré par l'Iran. Peu après, les présidents Obama et Rohani ont eu une conversation téléphonique historique. Puis, fin novembre, les Etats-Unis et d'autres puissances mondiales ont trouvé un accord temporaire sur le nucléaireavec l'Iran, le premier en dix ans.

Cette nouvelle entente présente des dangers à la fois pour Obama et pour Rohani, qui restent vulnérables aux critiques des conservateurs de leurs pays. Les Iraniens intransigeants ont fermement refusé l'invitation de John Kerry à participer à la conférence de Genève "en marge".

Source: Courrier international le 9.01.14

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