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ILERI-Défense

France/Centrafrique : Quel avenir possible ?

4 Janvier 2014 , Rédigé par ileridefense Publié dans #Afrique, #France, #note de synthèse

La presse française s’est alarmée au lendemain du 25 décembre du sort des troupes tricolores en Centrafrique, ce pays au bord d’un conflit qui tend à être « confessionnel ».

Les soldats français déployés en République Centrafricaine (RCA), dans le cadre de l'opération Sangaris initiée début décembre, ont été confrontés à des situations des plus explosives, qui furent souligné la presse française. Plusieurs journaux, notamment Libération a consacré sa une à la RCA avec un titre éloquent: "Centrafrique : la France prise au piège"." La RCA s'enfonce chaque jour un peu plus dans une crise où les Français se retrouvent en première ligne", constate-t-il, mentionnant "les accès de violences interreligieuses et les menaces des Tchadiens de la force d'intervention africaine (Misca) ".

Par ailleurs, le président tchadien Idriss Déby avait été soupçonné d'avoir équipé et financé la rébellion de la Séléka ayant lui-même aidé à renverser l'ex-président centrafricain François Bozizé en mars 2013 dernier, ce qui avait fortement déstabilisé la Centrafrique. En effet, le Tchad avait fourni «le plus gros contingent de la force africaine chargée de stabiliser la Centrafrique, par la Misca, avec quelque 850 hommes. ».


On peut affirmer que les violences de Bangui ont aussi été accentuées par les manifestations anti-françaises et le rôle obscur de l'armée tchadienne amenant des conséquences qui désillusionnent les français aussi bien que les centrafricains. Malgré le fait que l’opération Sangaris fut un succès rapide, tel que l'avait prédit le président Hollande à son annonce, il subsiste aujourd’hui un désenchantement quand a l’issue de ce conflit.


En effet trois semaines après le début de l'opération Sangaris, l'armée française a dû faire face à des situations qui menacent de dégénérer à tout moment. Les milices des communautés chrétiennes (anti-Balaka) et musulmane (ex-Séléka) ne veulent pas coopérer et déjà deux soldats français sont mort depuis le début de l'opération.

De plus le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a poursuivi sa tournée en Afrique. Après le Mali et Niamey le mercredi 1er janvier 2014, il était attendu à Ndjamena et le jeudi 2 janvier au matin à Bangui, où la France est engagée dans une opération militaire d'importance. Il devait aller à la rencontre des 1600 éléments de la force française Sangaris. Plusieurs étapes ont été par la suite prévues à Libreville et Brazzaville, les deux capitales clés dans la gestion de la crise. La France à fait face en Centrafrique à une situation plus complexe qu'elle ne l'attendait. Le dossier centrafricain a été au cœur des différentes étapes de la visite de Jean-Yves Le Drian en Afrique centrale.

On peut se demander alors qu’elle est la mission des soldats français en Centrafrique compte tenu des difficultés rencontrés et comment ils peuvent éviter le piège de la guerre civile et le parti pris d’un camp contre l’autre ?

D’après le ministre français de la défense Jean-Yves Le Drian la mission la plus importante est le « désarmement impartial ». Le désarmement est une des missions difficile mais qui doit être totale et impartiale. Son rôle n’est pas le règlement de comptes mais le maintien de la paix.

Etant donné que, les milices Séléka elles, ne voulant pas être désarmées tant que les quartiers musulmans de Bangui ne seraientt pas protégés, elles ont donc été cantonnées sans êtres désarmées. Le but étant d’empêcher la circulation d’armes et redonner du pouvoir aux forces de polices et de gendarmeries.

Toujours d’après le ministre, la sécurisation du pays devrait se faire le plus vite possible mais le retrait des troupes françaises ne serait effectué qu’après la fin du conflit et au retour de la stabilité. C’est pourquoi les forces africaines vont se renforcer en allant jusqu’à 6000 hommes avec le soutien des forces françaises qui ont 1 600 hommes.

C’est en insistant sur la nécessité d'intervenir militairement sur le continent africain, que le ministre a affirmé qu'« assurer la sécurité en Afrique, c'est aussi assurer la sécurité en France ». « Quand il y a un vide sécuritaire c'est le creuset à tous les trafics et la porte ouverte à tous les terrorismes », a-t-il déclaré.

Le ministre de la défense a aussi évoqué le « rôle historique » de la France en Afrique. « La France aurait été sourde à l'appel des Etats africains ? La France aurait fui ses responsabilités historiques ? Nous sommes là et il ne faut pas qu'il y ait de doute sur notre détermination à mener cette mission », a-t-il ajouté.

Quant au Mali, un an après le déclenchement d'une guerre rapide qui a mobilisé plus de soldats que l'Afghanistan, et au sortir d'élections législatives réussies, on peut passer à autre chose même si l'armée française est appelée à rester dans le pays pour y mener des opérations de contre-terrorisme face à Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) et ses partisans locaux. Paris et Bamako se sont convenus pour un nouvel accord de coopération de défense, qui sera signé le 20 janvier 2014 dans la capitale malienne.

Conclusion

Du Mali en janvier à la Centrafrique en décembre, de l’opération Serval à Sangaris, l'année 2013 aura été marquée par l'insuffisance de l'Afrique à résoudre ses crises sans recourir à une intervention extérieure telle que la France et la communauté internationale. Certes, plus d'un demi-siècle après les indépendances, ce constat a été dissimulé par le caractère "présentable" de ces deux ingérences françaises, néanmoins souhaitées par la majorité de la population des pays. Même si la situation au Mali a été rétablie, pour le cas de la Centrafrique, le Tchad et la France souhaiteraient vivement des élections pour cette année de 2014. Cela ne semble pas vraiment réalisable étant donné la situation actuelle, cependant c’est une issue qui reste indispensable pour le maintien d’une éventuelle stabilité future.

par Tania Kpognon, ILERI 2ième année, équipe ILERI défense, pôle Afrique.

Bibliographie

Jeuneafrique.com : Prospective | Que réserve 2014 à l'Afrique ?

defenceweb

http://www.defenceweb.co.za/index.php?option=com_content&view=article&id=33125:central-african-republic-advances-election-as-us-envoy-calls-for-justice&catid=54:Governance&Itemid=118

lemonde.fr

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2013/12/31/en-visite-au-mali-le-drian-celebre-les-succes-de-la-force-serval_4341774_3212.html

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2013/12/30/rdc-des-journalistes-pris-en-otages_4341266_3212.html

France 3

http://regions.france3.fr/2013/12/16/revue-de-presse-centreafrrique-la-spirale-de-la-vengeance-378245.html

rfiafrique

http://www.rfi.fr/afrique/20140102-centrafrique-le-ministre-francais-defense-le-president-tchadien-reste-homme-clef-re

L’union

http://www.lunion.presse.fr/france-monde/centrafrique-nouvel-an-sous-tension-a-bangui-ia0b0n276067

le journal de Bangui

http://www.journaldebangui.com/article.php?aid=5817

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